2e salon international de l’industrie du livre (Book Prod), La distribution et l’exportation en débat

Liberte; le Jeudi 8 Novembre 2018
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La deuxième édition du Salon international de l’industrie du livre a été lancée avant-hier à la Safex des Pins-Maritimes (Alger), parallèlement au 23e Sila. L’objectif de cette initiative de l’Organisation nationale des éditeurs de livres (ONEL) est de “permettre aux acteurs de la chaîne de fabrication du livre d’être au fait des nouvelles technologies, d’évaluer les différentes offres en équipements et en services (...) et de réfléchir, d’échanger et de partager les bonnes pratiques pour promouvoir l’industrie du livre”.
La première rencontre de cette seconde édition s’est penchée sur la distribution du livre algérien à l’international, et l’opportunité du marché français pour la production éditoriale de notre pays. Les représentants d’organismes d’édition, de diffusion et d’impression se sont relayés pour faire un état des lieux du marché du livre national, ses enjeux, ses carences, mais aussi ses possibilités d’expansion sur la scène mondiale. À ce propos, Rebecca Byers, directrice des cessions et acquisitions de droits chez les éditeurs Plon et Perrin, dira que “les échanges en matière d’édition et de distribution gagneraient à s’intensifier et s’améliorer. En ce moment, en termes de livres vendus et achetés en Algérie, les chiffres sont assez bas”. Et de poursuivre, à propos des solutions qui pourraient venir à bout de cette stagnation du marché algérien : “Cela se réalisera si on se connaît mieux. Si nous nous voyons plus souvent et essayons d’organiser des rendez-vous lors des salons internationaux, comme celui de Paris, ou que les éditeurs français viennent en Algérie s’enquérir de l’état des lieux du marché et trouver des solutions.” Concernant les défis à relever pour les deux pays afin d’instaurer un échange et une stabilité éditoriale, l’intervenante relèvera le problème du piratage : “Il existe une certaine méfiance quant au marché algérien. L’éditeur français doit garantir tous les droits de son auteur. Il doit s’assurer aussi que son livre est payé et vendu. S’il y a des problèmes de piratage, la situation devient problématique pour lui.” Aussi, les Français connaissent mal la production algérienne, “mis à part quelques auteurs comme Kamel Daoud ou Yasmina Khadra.”
Quantitativement parlant, selon Byers, la cession de droits à l’international pour la langue arabe a atteint  219 titres en 2017 pour les pays du Maghreb et du Moyen-Orient, avec 16 titres cédés à l’Algérie, dont 6 pour le livre jeunesse, 2 pour la fiction et 2 en sciences humaines. Par ailleurs, nos voisins du royaume chérifien ont acquis, la même année, 49 titres, tandis que le Liban a totalisé 111 titres français traduits en langue arabe.
Sur les 12 340 titres acquis en 2017, selon les statistiques de la Bibliothèque  nationale de France, 84 ouvrages seulement ont été traduits de l’arabe vers le français, dont 27 sur l’islam, 24 romans, 16 recueils de poésie, 5 biographies et ou encore 3 titres de sciences politiques. Pour la langue française, 180 ont été cédés dans cette langue à travers le monde, dont 14 en Algérie, 70 au Maroc et 27 au Liban.
Face à ce constat, l’intervenante a adressé les recommandations suivantes : l’organisation de rencontres avec les professionnels du livre dans les foires et salons internationaux, le déploiement des aides gouvernementales ou encore une bonne connaissance des éditeurs et de leurs catalogues.

Yasmine Azzouz

Categorie(s): culture

Auteur(s): Yasmine Azzouz

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