Abdelmoumen Ould Kaddour à propos des accords gaziers, “Les contrats à long terme, c’est fini !”

Liberte; le Jeudi 19 Octobre 2017
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Sonatrach devra renégocier ses contrats qui expirent d’ici à 2021 sur de nouvelles bases.

Dans son intervention à la conférence “Oil and money” qui se déroule à Londres, le président-directeur général de Sonatrach, Abdelmoumane Ould Kaddour, a levé un coin du voile sur la nouvelle stratégie en matière d’exportation gazière de la compagnie qu’il dirige. Il a ainsi révélé que les contrats à long terme et l’indexation sur le pétrole “ne sont plus de mise”. Et d’ajouter que Sonatrach a déjà commencé à réfléchir aux moyens de renégocier ses contrats à long terme avec les clients européens, car la majorité de ces contrats expirent d’ici à 2021. De fait, Ould Kaddour s’apprête à démanteler un mécanisme vieux de plus de trente ans et qui ne convient plus à ses clients. Quelle solution de rechange va-t-il proposer ? Est-il en quête de la formule gagnante ? Le patron de la compagnie nationale d’hydrocarbures ne donne pas de détails précis sur le sujet, avançant de manière parcellaire que Sonatrach cherche à mettre en place “des joint-ventures avec des compagnies de commercialisation dans le but de vendre son gaz, dans le cadre d’une nouvelle stratégie d’exportation”.
Il a indiqué que les nouveaux accords avec les entreprises “ne seront pas indexés sur les prix du pétrole et ne porteront pas sur le long terme”. Nous essayons, a-t-il poursuivi, de trouver de nouvelles voies pour exporter notre gaz et nous cherchons à avoir des joint-ventures en prenant des risques ensemble. Ould Kaddour a estimé que l’équation offre-demande est une opération risquée, et que nous sommes à la recherche d’une nouvelle stratégie pour faire face à cela. Il ne prévoit cependant pas de délais fixes pour cette stratégie, se contentant de dire qu’à l’avenir les traders feront partie de la demande, ce qui veut dire que nous avons besoin de trouver de nouvelles voies pour faire des affaires. Le P-DG de Sonatrach a, par ailleurs, exprimé la volonté de l’Algérie de préserver le secteur gazier en dépit du fait que la production est en déclin et que la consommation s’envole, augmentant de 6% annuellement.
Pour y faire face, il y a nécessité, souligne-t-il, de mettre en place une nouvelle législation devant permettre de faire revenir les investisseurs en Algérie dans la production en amont et de développer les vastes ressources du pays en gaz de schiste. Il a ajouté que Sonatrach a commencé la production dans deux champs gaziers en 2017, qui produisent plus de 20 millions de mètres cubes, indiquant que deux autres devraient entrer en production en 2018. La compagnie nationale d’hydrocarbures tente ainsi de s’adapter à un nouveau contexte où de nouvelles questions émergent. On sait qu’aujourd’hui, le marché gazier européen, terrain de prédilection de Sonatrach, se complique au fur et à mesure qu’augmente le nombre de fournisseurs gaziers, des concurrents “aguerris”.
Ainsi, il serait difficile pour la compagnie nationale de vendre son gaz à qui mieux-mieux et de renégocier les termes et les conditions de
l’entente expirée.

Youcef Salami

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Salami Youcef

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