Après son éviction de l’EN des locaux, Zetchi met la pression sur Madjer

Liberte; le Mercredi 23 Mai 2018
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Il est clair que la méthode de Madjer et son plan de travail pour l’EN A’ n’ont pas plu aussi bien à la DTN qu’au bureau fédéral de la FAF.

L’idée était dans l’air depuis quelque temps déjà avant qu’elle ne soit rendue incontournable à la suite de la déroute face à l’Arabie Saoudite. Elle a été soufflée par des proches de la direction technique nationale qui voyaient dans le fait que les deux sélections A et A’ soient confiées au même staff technique un chevauchement pénalisant, avant que le président de la FAF, Kheireddine Zetchi, ne cesse de faire la sourde oreille. Madjer, Menad, Ighil ne s’occuperont plus de la sélection des locaux, et leur mission se limitera désormais à driver l’EN A. Pourquoi ? Il est clair que la méthode de Madjer et son plan de travail pour l’EN A’ n’ont pas plu aussi bien à la DTN qu’au bureau fédéral de la FAF. Au lieu de constituer un noyau de joueurs locaux jeunes pour préparer les éliminatoires du CHAN 2020, prévu au Kenya, Madjer a plutôt fait de cette sélection un “champ d’expérimentation” afin de renforcer l’EN A par des joueurs locaux capables de renforcer les Verts. Il s’est d’ailleurs fait un point d’honneur d’inverser la tendance dans la composante de la sélection nationale, en injectant un nombre plus important de joueurs évoluant en Algérie. Pour Madjer, inconsciemment peut-être aussi, l’idée était de faire de l’EN A’ une sélection à part entière, appelée à être renforcée par des joueurs expatriés. Or Madjer a oublié un détail important : les deux équipes ont des objectifs différents et nécessitent inéluctablement des démarches différentes.
On ne peut pas faire de l’EN A’ l’antichambre de l’EN A et la préparer en même temps à des objectifs à moyen terme. Au moment où la sélection nationale reprend les éliminatoires de la CAN 2019 dès septembre prochain, l’EN A’ doit attendre 2019 pour commencer les éliminatoires du CHAN 2020. Ce n’est donc pas avec des trentenaires que Madjer pouvait aspirer à mettre en place une sélection pour 2020. En outre, chemin faisant, Madjer s’est rendu compte malheureusement qu’il ne pouvait pas tenir une “promesse de campagne”, celle de redonner sa place au joueur local en sélection nationale et le remettre au cœur de l’échiquier. Le championnat national a atteint ces deux dernières années un niveau si faible qu’il est difficile de trouver un seul joueur sélectionnable, en témoigne la prestation médiocre des locaux contre l’Arabie Saoudite.
D’où la nécessité d’un travail à long terme avec une composante jeune, à l’image de ce qu’entreprend Boualem Charef avec les sélections U21 et U20 avec en toile de fond la multiplication des stages et des matches amicaux. Ce que Madjer ne peut pas faire. Par ailleurs, cette décision extrême de la FAF n’est-elle pas en fait l’incarnation d’un déficit de confiance qui s’est installé avec le temps entre le président Zetchi et Madjer ? Imposé par les plus hautes autorités de l’État pour service rendu (il avait soutenu le 4e mandat du président de la République Abdelaziz Bouteflika), le crédit du prodige à la fameuse talonnade s’est décliné ces derniers temps auprès des supporters suite aux prestations peu convaincantes des Verts, notamment contre l’Iran. Zetchi en est conscient, et lui-même n’a pas caché sa déception. Il n’a pas hésité à exhorter, dans un langage certes diplomatique, Madjer à revoir sa copie. Il exige désormais les prémices d’une équipe en reconstruction dès les prochaines sorties contre le Cap-Vert et le Portugal. Une manière de lui mettre un coup de pression…  

SAMIR LAMARI

 

Categorie(s): sports

Auteur(s): Samir LAMARI

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