BoutArfa en visite de travail aujourd’hui en Iran, Objectif : mettre Téhéran à l’heure de Vienne

Liberte; le Samedi 26 Novembre 2016
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La proposition algérienne constitue également une bonne base de travail pour intégrer la contribution des pays non-Opep à l’effort des pays Opep, a estimé le ministre de l’Énergie.

Le ministre de l’Énergie et des Mines, Noureddine Boutarfa, effectue aujourd’hui une visite à Téhéran, durant laquelle il tentera de convaincre les Iraniens d’adoucir leurs positions. Lundi, il rencontrera, aussi, le ministre irakien du Pétrole, Jabbar Al-Luaibi, à Vienne, selon l'agence Bloomberg. Noureddine Boutarfa se consacre à l’effort diplomatique afin de faire valider l’accord d’Alger de septembre dernier par la réunion de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) prévue pour le 30 novembre prochain.  
Le comité d'experts de l'Organisation a retenu, mardi dernier, de soumettre à la réunion la proposition algérienne. Une décision confirmée par M. Boutarfa, dans un entretien accordé à l’APS. “L’Algérie a mis sur la table une proposition. Nous estimons que c’est une bonne proposition. Elle est équilibrée et elle tient compte des préoccupations de toutes les parties”, a affirmé le ministre, satisfait de voir la proposition algérienne “tenir lieu d’une bonne base de travail pour aboutir à un accord final”.
Selon l’agence Reuters, la proposition algérienne porte sur une diminution de 4% à 4,5% de la production, la Libye et le Nigeria sont exclus. Mais le soutien de l'Irak et de l'Iran à cette proposition est loin d'être acquis. Une telle limitation équivaudrait à une baisse de plus de 1,2 million de barils-jour (b/j), selon les calculs de Reuters basés sur les chiffres de l’Opep.
En septembre, l’Organisation s'était entendue sur une réduction pour parvenir à une production comprise entre 32,5 millions et 33 millions de b/j. Le ministre de l’Énergie a indiqué que la proposition algérienne “constitue également une bonne base de travail pour intégrer la contribution des pays non-Opep à l’effort des pays Opep”. L’Opep, qui tente de rallier les pays exportateurs non-membres à une limitation concertée de l’offre, leur a proposé de réduire leur production de 500 000 barils-jour, a indiqué jeudi le ministre russe de l'Énergie.
Les autorités russes se sont dit prêtes, depuis plusieurs mois, à geler le niveau de production de leurs entreprises pétrolières, qui a atteint des records ces derniers mois. Pour le ministre russe de l'Énergie, un gel au niveau actuel reviendrait à “une baisse de 200 à 300 000 barils-jour par rapport à la croissance prévue”.
M. Boutarfa insiste sur les nombreuses consultations menées par l’Algérie, “avec les pays membres et non-membres de l’Opep afin de faire converger les points de vue et d’arriver à un accord susceptible de stabiliser durablement les marchés pétroliers”. “Nous avons discuté longuement avec nos homologues sur des questions pratiques et nous restons optimistes pour que la réunion de Vienne conforte l’accord historique obtenu à Alger”, a-t-il affirmé. Selon le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie, le marché de l'énergie est entré dans une période de plus grande volatilité et les investissements dans la production future sont en train de reculer pour la troisième année, souligne le dirigeant.
Selon lui, un accord au sein de l’Opep pour la réduction de la production entraînerait un rebond du baril de pétrole en direction à 60 dollars. En attendant, les prix du pétrole baissaient hier en cours d'échanges européens. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier valait 48,45 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 55 cents par rapport à la clôture de jeudi.

M. R.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rabhi Meziane

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