Conséquences de la guerre et de l’agression saoudienne, Le choléra se propage au Yémen

Liberte; le Mardi 16 Mai 2017
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Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a affirmé, dimanche, que l’épidémie du choléra s'était répandue au Yémen, faisant état de 115 décès en deux semaines.
Une guerre silencieuse est en train de faire des ravages au Yémen, où le conflit armé opposant le gouvernement de Abd Rabbo Mansour Hadi, soutenu par l’Arabie Saoudite, aux Houthis, alliés de l’ex-président déchu Abdellah Saleh, a engendré une grave crise humanitaire. La propagation de l’épidémie du choléra a poussé les Houthis à déclarer l’état d’urgence sanitaire dans la capitale Sanaa, qu’ils contrôlent depuis trois ans. “Sous l’ombre de l’agression étrangère, de l’embargo aérien, maritime et terrestre, nous affrontons silencieux la douleur de la mort qui touche nos concitoyens – femmes, enfants et vieux. Ce pourquoi nous déclarons Sanaa capitale sinistrée, dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire provisoire, en prenant en considération la densité de la population qui augmente chaque jour avec l’arrivée de nouveaux déplacés”, a déclaré Amine Djamaane dans un appel de détresse, relayé par l’agence de presse Saba News, sous contrôle houthi.
“Cet appel est destiné à toute âme charitable, aux Yéménites, dans l’intérêt de notre nation, pour arrêter cette épidémie du choléra qui se propage partout dans notre pays”, a ajouté le communiqué en question. L'état d'urgence est une “indication sur le degré de gravité de la crise”, a commenté lundi devant la presse à Sanaa, Jamie McGoldrick, coordinateur humanitaire de l'ONU pour le Yémen, repris par l’AFP. Il a dit craindre la multiplication des cas dans les semaines et les mois à venir.
Le directeur-adjoint de l'hôpital Sabyne de Sanaa, Nabil Najjar, a décrit à l'AFP une situation catastrophique dans son établissement. Entre 150 et 200 malades s'y présentent chaque jour avec des symptômes du choléra et “nombreux sont hospitalisés”. “On a mis quatre patients par lit, installé des lits dans des tentes et sous les arbres du jardin.” “Mais la pluie et le froid ont compliqué les choses”, a-t-il raconté, faisant état d'une pénurie de médicaments et de cadres médicaux. “Les cadres étrangers sont partis, les Sudistes se sont enfuis, et pour les autres les salaires ne sont pas versés”, a-t-il expliqué encore à l’AFP.
Dimanche, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a affirmé que l’épidémie du choléra s'était répandue au Yémen, faisant état de 115 décès en deux semaines. Plus de 8500 cas ont aussi été recensés dans 14 provinces du pays, a ajouté le CICR. Selon l'OMS, qui a classé ce pays comme l’une des plus grandes urgences humanitaires de la planète, les combats ont fait plus de 8000 morts et plus de 44 500 blessés depuis mars 2015.
Quelque 19 millions de personnes, soit 60% de la population, vivent en situation d'insécurité alimentaire, selon l'ONU. La guerre qui a détruit le Yémen depuis trois ans est l’une des raisons de la dégradation de la situation humanitaire dans ce pays, l’un des plus pauvres de la péninsule Arabique.
Mais l’ingérence militaire saoudienne, aux côtés du gouvernement de transition, avec l’aide de nombreux pays, sous le couvert d’une coalition arabe soutenue par les États-Unis, a aggravé davantage la situation et rendu le travail des organisations humanitaires plus compliqué, voire impossible dans certaines zones.

Lyès Menacer

 

Categorie(s): international

Auteur(s): Lyès Menacer

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