Il a affirmé hier qu’il voulait récupérer la région par la démocratie, Mariano Rajoy en “conquistador” en Catalogne

Liberte; le Lundi 13 Novembre 2017
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Au lendemain de la marche des indépendantistes, qui avait réuni samedi 750 000 manifestants pour réclamer la libération de leurs dirigeants incarcérés, Mariano Rajoy s’est rendu hier à Barcelone pour assister à la présentation du candidat de son parti pour les élections du 21 décembre.

Après avoir mis la Catalogne sous tutelle, le chef du gouvernement espagnol s’est rendu hier à Barcelone, dans ce qui ressemble à un signe de défi, pour assister à la présentation officielle du candidat de son parti, le Parti populaire, pour les élections régionales du 21 décembre. Dans une allocution prononcée à l’occasion d’un meeting de sa formation politique, le Parti populaire, en prévision de sa participation aux élections régionales qu’il a convoquées pour le 21 décembre prochain, Mariano Rajoy, qui s'est rendu dimanche à Barcelone pour la première fois, a appelé à “récupérer la Catalogne”, “de la démocratie et de la liberté”. Il a également demandé aux entreprises de “ne pas quitter” la Catalogne, alors que quelque 2400 d'entre elles l’ont déjà fait depuis le début de la crise, et aux Espagnols de ne pas boycotter les produits catalans. Mariano Rajoy a profité de l’opportunité pour répondre aux accusations faites par les indépendantistes qui dénoncent la détention de prisonniers politiques, en disant fermement : “En Espagne, on peut défendre toutes les idées mais nous sommes tous soumis à la loi.” Il a surtout appelé la majorité silencieuse à transformer sa voix en votes lors des élections du 21 décembre. Des élections “démocratiques” contrairement au référendum du 1er octobre, dont l’objectif est de restaurer la normalité, la cohabitation et la tranquillité de la Catalogne, a-t-il martelé. Ceci étant, il est évident que le Premier ministre espagnol espère gagner des voix dans le camp des électeurs, jusque-là moins mobilisés, qui veulent rester espagnols. Pour rappel, le PP n’avait obtenu que 8,5% des voix lors des dernières régionales en Catalogne, largement concurrencé par la jeune formation libérale Ciudadanos, deuxième force politique de la région, anti-indépendantiste et qui lui reproche sa corruption. Pendant ce temps, l’ancien président de la Catalogne et actuel président du Parti démocrate européen catalan (PDeCAT), Artur Mas, s’est rendu à Bruxelles dans la nuit de vendredi à samedi, a rapporté le quotidien La Vanguardia. Selon cette source, il doit y rencontrer Carles Puigdemont afin de discuter de plusieurs sujets relatifs à la crise catalane, notamment les élections régionales qui se tiendront le 21 décembre. De son côté, la maire de Barcelone, Ada Colau, qui s’est toujours positionnée contre la déclaration unilatérale d’indépendance mais pour un référendum légal, n’a pas mis de gants pour accuser le gouvernement catalan destitué de Carles Puigdemont d’avoir mené la région à la catastrophe. C’est à l’occasion d’une réunion de son parti de gauche Catalunya en Comù, parrainé par le parti “Podemos”, que la maire de Barcelone a déclaré : “Nous voulons que les prisonniers soient libérés mais nous voulons aussi qu'un gouvernement irresponsable qui a conduit le pays au désastre affronte (ses responsabilités) et reconnaisse ses erreurs.”

Merzak Tigrine

Categorie(s): international

Auteur(s): Merzak Tigrine

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