Inscrite sur la liste noire européenne pour financement du terrorisme, Coup dur pour la Tunisie

Liberte; le Samedi 10 Fevrier 2018
145300

Se basant sur les recommandations du groupe d’action financière (Gafi), qui est un organisme international de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, le Parlement européen a décidé de maintenir la Tunisie sur sa liste noire en la matière.

La Tunisie était sous le choc après la décision du Parlement européen confirmant son classement sur la liste noire des pays accusés de financement de terrorisme et de blanchiment d’argent. Cette décision, qualifiée à Tunis de dure et injuste, pourrait avoir des conséquences négatives sur l’économie de la Tunisie, selon de nombreux observateurs. Après avoir classé la Tunisie comme pays à haut risque et non-coopératif en novembre dernier, le Gafi est revenu cette fois-ci à la charge en pointant, particulièrement, le manque de transparence qui touche les finances publiques tunisiennes.
À partir de là, cet organisme international de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, a décidé de mettre la Tunisie dans la même liste que l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie ou le Yémen. Le Gafi a pour mission de vérifier que les pays disposent d’un arsenal de législation bancaire lui permettant de lutter efficacement contre le blanchiment d'argent, et notamment le blanchiment d’argent du terrorisme. L’Union européenne, qui a pour obligation de se doter d’une liste de pays présentant des carences en matière de lutte contre le blanchiment d’argent, n’a jamais défini ses propres critères. Elle se contente depuis des années de reprendre la liste Gafi. C’est ainsi que sa recommandation a été suivie à la lettre par les parlementaires européens, qui ont décidé de maintenir la Tunisie dans cette liste noire.
Même si une large majorité des députés européens a voté contre l'entrée de la Tunisie sur la liste des pays “défaillants” en matière de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme (LCB-FT), cela s’est avéré insuffisant, parce que les décisions ne se prennent pas à la majorité simple des membres présents, mais à la majorité absolue du nombre total de députés. C’est un coup dur pour ce pays, qui s’apprêtait à lancer un emprunt auprès des investisseurs étrangers pour boucler son budget. En novembre dernier, la Tunisie avait déjà connu, en raison de son régime offshore, les affres d’une autre liste noire européenne, celle des paradis fiscaux.
Après deux mois d’un intense lobbying, français notamment, le pays est sorti, fin janvier, de cette liste des paradis fiscaux. Pour les analystes de la scène tunisienne, cette décision du Parlement européen aura un impact négatif sur l’investissement en cette période cruciale pour l’économie du pays. L’autre répercussion redoutée est l’image de la Tunisie, au niveau politique et sécuritaire. Face à cette situation, le gouvernement fait des promesses et s’engage à sortir de la liste noire à fin avril 2018. La Tunisie aurait réalisé des avancées considérables, et il ne resterait que quelques détails à régler, pour qu’en été 2018, les experts du Gafi se rendent à Tunis afin de procéder à l’audit obligatoire, pour envisager une sortie de cette liste noire.

Merzak Tigrine

Categorie(s): international

Auteur(s): Merzak Tigrine

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..