La coalition de Merkel prend une gifle aux régionales en Bavière, L’extrême droite renforce ses positions en Allemagne

Liberte; le Mardi 16 Octobre 2018
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L’accueil massif de migrants par Angela Merkel a servi d’argument pour la percée de l’extrême droite en Allemagne, confortée dans son argumentaire par la peur généralisée qui s’est emparée des Européens avec la multiplication des attentats terroristes en Europe.

Le parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD) a renforcé quelque peu ses positions en Allemagne à l’occasion des élections régionales en Bavière, en obtenant 10,6% des voix, s’assurant ainsi une nouvelle présence dans les assemblées régionales. Créée seulement en 2013, l’AfD siège désormais dans 15 parlements régionaux sur 16, même si elle est minoritaire. Mais son discours nationaliste, anti-européen et anti-migrants lui assure une audience de plus en plus grandissante.
Cela confirme la montée de la pensée de l’extrême droite à travers l’Europe, où la crise migratoire de 2015 a servi de fer de lance pour ses partis eurosceptiques, fragilisant ainsi les équilibres politiques locaux et déstabilisant aussi l’Union européenne dans son ensemble. Le grand perdant de ces nouvelles élections régionales, c’est Angela Merkel et sa coalition de centre-droit (CDU/CSU) qui, avec 37% des suffrages, perd sa majorité absolue au parlement régional. La CSU, bien qu'arrivée en tête, sort particulièrement meurtrie. Les sociaux-démocrates du SPD, pâles 5e du scrutin, ont connu une véritable débâcle, ne parvenant même pas à atteindre la barre des 10%.
Pour pouvoir gouverner, la coalition de Mme Merkel devrait trouver un compromis avec un indépendant de droite, qui se fait appeler les “Élections libres”. Les Verts ont aussi renforcé leur position avec un score historique de 18%, s’imposant ainsi comme la deuxième force politique en Bavière.  Mais cela ne règle en rien la montée de l’extrême droite qui surfe sur la vague anit-migrants et les choix économiques de l’UE pour améliorer ses scores et s’assurer une assise militante importante pour les prochaines échéances électorales. “Personnellement, je m'en sors très bien. Politiquement, ce n'est pas facile”, a reconnu hier matin le président du parti CSU, après cette douche froide. “On ne peut pas gagner des élections avec une dérive vers la droite”, a dénoncé le dirigeant CDU de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Armin Laschet, qui regrette que la CSU ait repris une partie du discours anti-migrants de l'AfD, ont rapporté les agences de presse.  
Cette déroute va relancer les interrogations au sein du parti sur l'intérêt de participer à la coalition dans laquelle ils sont entrés à reculons au printemps suite aux législatives d'il y a un an.  À l'issue de cette première élection depuis qu'elle dirige le SPD, Andrea Nahles a préféré renvoyer aux “prochains mois” la décision sur le maintien des sociaux-démocrates dans la coalition. Plusieurs de ses cadres poussent en faveur d'une sortie et la presse spécule sur un possible gouvernement minoritaire en pareil cas.

Lyès Menacer/Agences
 

Categorie(s): international

Auteur(s): Lyès Menacer

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