La conférence a eu lieu à la direction de la culture d’El-Bahia, L’urgence de sauver la chanson oranaise

Liberte; le Lundi 12 Novembre 2018
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Pour la sauvegarde de ce genre musical, Ali Hassani, consultant-facilitateur, a appelé à l’implication de la société et des pouvoirs publics, à savoir les praticiens, les prescripteurs, les protecteurs et les promoteurs.

Pour ne pas disparaître, la chanson oranaise se trouve face à de nombreux défis : s’adapter aux mutations sociales et culturelles, renouer avec des productions de qualité et retrouver un public.
C’est, en substance, ce que Ali Hassani, consultant-facilitateur, a assuré, samedi dernier, au cours d’une conférence animée à la direction de la culture d’Oran en présence de quelques artistes et des responsables de la culture, comme la commissaire du Festival de la chanson oranaise et le directeur de l’antenne régionale de l’ONDA.
Au cours d’un exposé sur les perspectives de la chanson oranaise, soutenu par la technique du mind mapping (carte représentative de la pensée), l’intervenant a identifié les acteurs qui doivent interagir pour préserver ce patrimoine immatériel et le transmettre aux générations futures.
“L'histoire de la chanson oranaise, qui inclut par extension le bédoui et le raï, doit être relue et revisitée. Nous devons la raconter, la faire écouter, la valoriser et la capitaliser”, a-t-il dit, en soulignant que ce travail de longue haleine nécessite la large implication de la société et des pouvoirs publics, ce qu’il a appelé les 4P : les praticiens, les prescripteurs, les protecteurs et les promoteurs.
Les premiers désignent les chanteurs, musiciens et paroliers ; les deuxièmes se rapportent aux éducateurs, enseignants et chercheurs ; les troisièmes représentent le grand public et les médias ; les derniers désignent les pouvoirs publics, les collectivités locales et les sponsors.
“Le sauvetage de la chanson oranaise passe par l’implication de tous ces acteurs et non plus seulement des chanteurs ou des musiciens”, a-t-il affirmé, en relevant au passage la faillite des collectivités locales et des associations culturelles dans la prise en charge de la chanson oranaise.
Tout en mettant en relief la dégradation de l’environnement de la chanson oranaise, marquée notamment par la précarité sociale des acteurs directs (chanteurs, musiciens, paroliers…), l’absence quasi totale de la critique culturelle et le manque de feedbacks constructifs et objectifs, la défection d'un mouvement associatif et corporatif créatif et autonome, la médiocrité ambiante…, Ali Hassani a appelé à la tenue d’un forum (ou un workshop) au cours duquel l’ensemble des acteurs, directs et indirects, examinerait l’avenir de la chanson oranaise et que sanctionnerait une charte globale.
“Les ministères de la Culture, des Collectivités locales, de la Communication, de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur doivent constituer la locomotive pour l’avenir de la chanson oranaise”, a-t-il préconisé, en rappelant l’importance de sortir la chanson oranaise du carcan dans lequel elle est confinée pour l’ouvrir aux évolutions et révolutions imposées par les bouleversements sociaux, culturels et technologiques : naissance de nouveaux rituels et de nouvelles habitudes, apparitions de nouvelles plateformesde diffusion, mutation de l’artiste qui cumule les profils, concurrence agressive d’autres genres de chanson…

S. Ould Ali

Categorie(s): culture

Auteur(s): Samir Ould Ali

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