La production agricole a connu des augmentations notables, Une offre qui ne sert pas le consommateur

Liberte; le Jeudi 8 Novembre 2018
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Les avancées réalisées par le secteur de l’agriculture en matière de volume et de valeur de la production ces derniers mois n’ont pas eu d’impact direct sur le consommateur algérien. Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche (Madrp), Abdelkader Bouazghi, a rappelé, récemment, que son secteur contribuait à hauteur de 12,3% au PIB, outre sa participation à l'intégration de milliers de jeunes chômeurs et la création des PME dans le cadre du soutien aux exploitations agricoles. M. Bouazghi a affirmé que la croissance dans le secteur au cours de la campagne agricole 2018 avait connu une augmentation de l'ordre de 3,25%, tandis que la valeur de la production s'est élevée, quant à elle, à 3 216,5 milliards de dinars, soit l’équivalent de 30 milliards de dollars.
En dépit d’une offre plus ou moins stable sur le marché, les ménages n’arrivent toujours pas
à accéder à certains produits agricoles à cause de la flambée continuelle parfois des prix. L’évolution des prix à la consommation en rythme annuel a été de 4,7% jusqu'à septembre 2018. La variation mensuelle des prix du mois de septembre 2018 par rapport à celle du mois d'août 2018 a été de 0,3%. Les statistiques de l'Office national des statistiques (ONS) indiquent que les prix des biens alimentaires ont enregistré une hausse de 0,2% en septembre par rapport à août 2018. Ceux des produits agricoles frais ont augmenté de 0,3%. Les fruits et les œufs ont suivi des tendances haussières respectivement de 38,9% et de 4,2%. La viande de poulet et les légumes ont connu, en revanche, selon l’ONS, de légères baisses respectives durant la même période de calcul. Certains experts disent que l’offre demeure insuffisante. Pour eux, la production de la pomme de terre avoisine en moyenne les 5 millions de tonnes/an, alors que la demande dépasse les 6 millions de tonnes. Abstraction faite du tubercule, les besoins nationaux des autres légumes sont estimés à plus de 20 millions de tonnes annuellement. C’est dire que l’offre reste, selon ces spécialistes, à jamais instable. Et cette instabilité accentue indubitablement celle des prix. Le manque de coordination flagrant entre les secteurs de l’agriculture et du commerce au niveau local est à l’origine en partie de cette problématique des prix inabordables des produits agricoles. Or, les responsables locaux de ces deux secteurs doivent se réunir quotidiennement afin de mettre en synergie leurs stratégies respectives. Cette absence de cohésion engendre une anarchie et une instabilité sur les marchés. L’agriculteur produit et le commerçant vend sans qu’aucune prévision ne soit arrêtée au préalable par les deux parties.
Il est actuellement difficile de se prononcer de manière définitive sur les prévisions de production annuelles compte tenu de plusieurs paramètres dont les conditions climatiques, les capacités des producteurs, les quantités à produire, les besoins, etc. Il faut pour cela un plan de cultures qui doit accompagner l’agriculteur dans l’exercice de son activité suivant la demande enregistrée à l’échelle nationale. Un accompagnement des paysans en termes de prévision de production est donc de mise. La création de quelque 500 marchés de proximité, entre autres solutions, jouera, en outre, un rôle primordial dans la stabilité des prix et contribuera de manière efficace à la régulation du marché national. La marge bénéficiaire des divers intervenants entre les marchés de gros et de détail sera, de ce fait, réduite sensiblement au lieu des 50% pratiqués déjà depuis des décennies.

B. K.

 

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Badreddine KHRIS

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