Le Premier ministre a décidé de solliciter l’arbitrage du roi, Le Maroc sans gouvernement depuis cinq mois

Liberte; le Jeudi 9 Mars 2017
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Le chef du parti islamiste PJD, vainqueur, mais sans majorité, n’a pas réussi à former un nouveau gouvernement après cinq mois de consultations.

Incapable de contourner les blocages, le Premier ministre marocain a décidé d’arrêter les consultations avec les autres formations politiques et de se soumettre à un arbitrage de Mohammed VI. C’est ce que rapportent de nombreux médias marocains.
Se rendant à l’évidence qu’il ne peut pas former un nouveau cabinet, Abdelilah Benkirane, qui attendait le retour du roi de sa tournée africaine, s’apprête à lui demander une audience et à solliciter son arbitrage. Le différend opposant le chef du parti islamiste PJD au RNI de Aziz Akhannouch a constitué le principal blocage dans la formation du gouvernement. Une source à l’intérieur du PJD a déclaré au site d’information marocain 360 : “Les lignes ne semblent pas prêtes à bouger et les intérêts de l’État rendant urgente la formation d’un gouvernement, M. Benkirane va demander audience à la plus haute autorité du pays, en vue de dépasser le blocage.” “Intaha Al Kalam” (il n’y a plus rien à dire !), a ajouté mardi la source, pour signifier qu’il n’y avait plus aucun espoir d’avancer. Reste à savoir maintenant ce qu’envisage de faire Benkirane, qui est rentré d’une visite officielle au Qatar. En effet, l’on s’interroge sur les intentions du Premier ministre marocain. Remettra-t-il une démission au roi Mohammed VI, ou se limitera-t-il à solliciter son arbitrage à travers un rapport sur les consultations menées avec les autres formations politiques représentées au Parlement. Il semble qu’il n’aurait pas totalement perdu l’espoir d’être reconduit pour mener de nouvelles consultations. Des milieux politiques marocains reprochent au chef du PJD “d’avoir usé de trop d’écarts de langage, ses sorties médiatiques intempestives, son populisme et sa rigidité lors des consultations”, alors que son parti, qui a certes remporté les élections, n’a cependant pas de majorité. Devant cette situation de blocage, le roi du Maroc pourrait opter pour de nouvelles élections législatives. C’est l’une des options envisagées par le palais royal, selon le quotidien L’Économiste, qui souligne que Mohammed VI peut annoncer la dissolution du Parlement et l’organisation de nouvelles élections, en vertu de l’article 96 de la Constitution. Mais comme ce scénario est coûteux, cette option est peut envisageable, d’autant plus que l’article 47 de la Constitution n’a pas prévu explicitement une alternative en cas d’échec du chef du gouvernement, issu du parti arrivé premier aux élections, à former une majorité. Et là, les autres partis reprochent au PJD d’avoir été “le seul à avoir défendu cette version de l’article 47 lors du processus de réforme constitutionnelle. Les autres ont proposé des alternatives en cas d’échec de l’installation du gouvernement au bout d’une période précise”.

Merzak Tigrine

Categorie(s): international

Auteur(s): Merzak Tigrine

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