Le président d’Algérie Conseil Export l’affirme, Des autorisations à des importateurs “privilégiés”

Liberte; le Dimanche 14 Octobre 2018
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Le système d’attribution des autorisations pour l’importation de bananes, mis en place en 2017, n’est pas aussi transparent qu’il y paraît. Il est entaché, et le mot n’est pas assez fort, de “favoritisme”. Smaïn Lalmas est spécialiste en questions d’importation et d’exportation. Il est, par ailleurs, président d’Algérie Conseil Export (ACE), une association nationale, professionnelle, constituée d’experts, de conseillers et de formateurs. Il explique que ce mécanisme de “régulation” géré par l’administration suscite “souvent beaucoup de doutes” quant à l’impartialité de l’attribution de ces autorisations. L’expert affirme avoir été contacté par plusieurs importateurs qui relèvent que l’octroi de ces documents est empreint de “partialité”. Ainsi, a-t-il ajouté, certains importateurs sont autorisés à importer de faibles quantités de bananes, d’autres rien du tout. Et pendant ce temps, des importateurs “privilégiés” se font accorder des autorisations pour importer de grosses quantités de bananes (en milliers de tonnes). Il faut, à mon avis, a-t-il souligné, laisser le marché réguler l’importation des produits, ou interdire tout simplement l’importation au lieu de créer des mécanismes pour enrichir des importateurs qui ont les faveurs de l’administration. Celle-ci a pourtant établi une série de critères relatifs à l’importation de bananes, mis en ligne sur le site du ministère du Commerce. Mais ces critères ne sont pas respectés. Le cahier des charges relatif aux conditions d’accès à l’activité d’importation de bananes stipule, entre autres, que le postulant à l’exercice de l’activité d’importation doit justifier d’une expérience dans la profession pendant les cinq dernières années, dûment attestée par les bilans fiscaux. Il doit disposer d’infrastructures appropriées pour le transport, le stockage et le mûrissement, appuyées par les documents attestant l’existence des infrastructures (titres de propriété ou des contrats notariés de location des infrastructures au nom de la société, d’une durée d’au moins trois années). Le postulant doit justifier avoir déjà réalisé des investissements dans le domaine de la production et de la logistique fruitières au nom propre de la société. Il doit aussi justifier d’avoir un engagement de son fournisseur pour un approvisionnement direct et régulier et doit assurer le transport par des navires adaptés à la nature de la marchandise sans transbordement, entre autres conditions d’éligibilité. Smaïn Lalmas rappelle qu’avant l’instauration des licences et autorisations d’importation, nous avions 160 importateurs de bananes. Aujourd’hui, poursuit-il, le ministère de l’Agriculture a attribué, sur les derniers six mois, un quota de 60 851 tonnes pour 83 importateurs. Très souvent, le pays d’origine d’approvisionnement en bananes est l’Équateur.                                 

Y. S.
 

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Salami Youcef

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