Lors d’un meeting consacré à l’histoire du pays qu’il a animé samedi à Jijel, Ali Benflis rappelle le rêve inachevé des martyrs

Liberte; le Lundi 20 Mars 2017
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En évoquant exclusivement l’histoire, notamment Ferhat Abbas, il a opéré un subtil parallèle avec la situation actuelle du pays. Et le rêve des martyrs de cette Algérie juste et égale qui est encore en attente en devenir ou d’advenir.

Le secrétaire général du parti Talaie El-Houriat a animé, hier, une rencontre avec les militants et les sympathisants de son parti à l’occasion de la journée de la Victoire célébrée le 19 mars de chaque année. Cette fois-ci, Ali Benflis a focalisé essentiellement son intervention sur l’histoire de l’Algérie, la période de la guerre de Libération nationale en rendant hommage aux martyrs qui ont sacrifié leur vie pour une Algérie libre et indépendante.
“On ne peut pas oublier que Jijel, et plus particulièrement Ouled Asker, était le quartier général de la wilaya II où se sont succédé de grands chefs et de grands guides”, dira Benflis. Et d’ajouter : “Qui peut oublier qu’à Jijel, l’âge de 20 ans était l’âge du martyr, d’ailleurs, le plus grand cimetière des chouhada est situé à El-Milia, une région déclarée zone interdite durant la Révolution”, dira l’orateur. Sur sa lancée, Ali Benflis évoquera le glorieux parcours de l’homme d’État et du combattant, Ferhat Abbas.
“Nous devons être reconnaissants envers Jijel et particulièrement la commune de Taher, pour avoir donné à notre pays un homme dont le parcours est une leçon pour nous tous”, dira-t-il. Et de poursuivre : “Ce grand combattant savait qu’il n’avait qu’une seule vie, mais il a choisi de la dédier à l’Algérie, il a payé de sa liberté le combat pour la liberté des autres, il a payé de ses droits son combat pour les droits des autres et il a subi l’injustice pour que justice soit rendue aux autres (…) Ferhat Abbas a voulu voir une Algérie démocratique et un État de droit. Il a rêvé de citoyenneté égale pour son peuple. Ce rêve ne s’est pas éteint avec lui, car c’est le rêve de l’Algérie d’aujourd’hui.” Il rappellera également à l’assistance que le colonialisme n’a jamais été un bien pour la patrie, car celui-ci a pris toutes les formes d’une agression, d’un génocide et d’un crime contre l’humanité.
“Nous aurons failli au serment fait à Didouche Mourad et à d’autres martyrs, si on laisse écrire que nos combattants de guerre se sont opposés au progrès que des soi-disant bienfaiteurs seraient venus apporter à l’Algérie, ce n’était pas un âge de lumière et de progression, mais c’était une époque d’obscurantisme et de régression”, a martelé le président de Talaie El-Houriat.
Au sujet des excuses que doit faire la France à l’Algérie, Benflis s’interroge : “Pourquoi l’ordre colonial français s’exonèrerait-il de ses crimes de guerre ? De grandes nations coloniales l’ont fait”, dira-t-il, en citant l’exemple de la Hollande qui avait présenté ses excuses à l’Indonésie en 1947, l’Allemagne qui a présenté ses excuses à la Namibie en 2004, la Grande-Bretagne qui a fait de même au Kenya en 2013 et bien d’autres États. “Le devoir de mémoire envers nos chouhada et nos moudjahidine ne nous quittera jamais et nous nous battrons pour obtenir la reconnaissance de la cause pour laquelle ils se sont sacrifiés”, dira l’orateur. Par ailleurs, Ali Benflis ne dira pas un mot au sujet des prochaines élections législatives.

Rayan MOUSSAOUI

Categorie(s): actualité

Auteur(s): RAYAN MOUSSAOUI

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