Procès des prisonniers sahraouis de Gdeim Izik au Maroc, Les avocats dénoncent les conditions inéquitables

Liberte; le Mardi 14 Mars 2017
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Dénonçant le fait que la présomption d’innocence des militants sahraouis est, chaque jour, bafouée, le collectif d’avocats français, défendant les détenus politiques sahraouis dans le cadre du procès de Gdeim Izik, a affirmé, hier,  que le nouveau procès, qui s’est ouvert le matin à Rabat, se déroule dans des conditions tout à fait inéquitables. “Nous, avocats des accusés poursuivis dans le cadre du procès de Gdeim Izik, nous nous battons depuis des années pour faire respecter les droits fondamentaux de nos clients. Depuis plus de 6 ans, ces derniers subissent de multiples violations : tortures et mauvais traitements, détention arbitraire, condamnation sur la base d’aveux forcés, violation des droits de la défense et du droit à un procès équitable, sans compter les représailles visant à les punir pour avoir revendiqué leurs droits”, ont-ils indiqué dans un communiqué parvenu à l’agence APS. Ils rappellent que les prisonniers politiques sahraouis sont maintenus en détention provisoire sur la seule base de leurs aveux forcés. Le communiqué indique que les avocats assistent à leur procès dans une cage en verre d’où ils ne peuvent pas suivre les débats, pendant que leurs parents, interdits d’entrer dans la salle d’audience, se font malmener voire tabasser devant le tribunal, et que leurs plaidoiries sont systématiquement interrompues. Ceci étant, la reprise de ce procès intervient au moment où une campagne de soutien et de solidarité internationale est menée en faveur des prisonniers condamnés à de très lourdes peines par un tribunal militaire. Le 27 juillet 2016, la Cour de cassation marocaine avait annulé, sous la pression d'organisations internationales de défense de droits de l'Homme et de juristes militants, la condamnation injuste prononcée par un tribunal militaire à l'encontre de ces militants sahraouis. Devant ces injustices, le président sahraoui et secrétaire général du Front Polisario, Brahim Ghali, a appelé l’ONU à intervenir pour mettre un terme aux graves violations marocaines des droits des Sahraouis dans les régions occupées, dans le sud du Maroc et au niveau des sites universitaires marocains, l’appelant à intervenir en urgence pour la libération immédiate et inconditionnelle des détenus de Gdeim Izik et tous les prisonniers politiques sahraouis détenus dans les geôles marocaines.

Merzak Tigrine

Categorie(s): international

Auteur(s): Merzak Tigrine

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