Projection des courts métrages de Djalal Aïrèche à la Cinémathèque d’Alger, Les dualités de l’Algérie actuelle

Liberte; le Lundi 11 Fevrier 2019
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Dans ces dualités qui deviennent le fil conducteur des travaux présentés se dégagent les questionnements du réalisateur, mais aussi de tout Algérien vis-à-vis de son vécu. L’aller-retour entre présent et passé achève de consolider ce regard nostalgique sur cette Algérie d’antan, parfois idéalisée, face au présent qui n’offre d’autre voie aux jeunes que celle de l’océan, représenté à travers le port d’Alger.

Auteur, artiste photographe, amateur de théâtre et désormais cinéaste, le jeune Djalal Aïreche a présenté, en avant-première samedi dernier à la Cinémathèque d’Alger, quatre courts métrages où il endosse tour à tour le costume de réalisateur, scénariste et acteur. L’Algérie ; son histoire et son présent, la jeunesse ; ses espoirs et ses illusions, la société ; ses traditions et sa contemporanéité étaient le cœur battant de ces films-courts ; axés pour la plupart sur une démarche expérimentale. Dans ces dualités qui deviennent le fil conducteur des travaux présentés se dégagent les questionnements du réalisateur, mais aussi de tout Algérien vis-à-vis de son vécu. Dans El Code et La voix, l’aller-retour entre présent et passé achève de consolider ce regard nostalgique sur cette Algérie d’antan, parfois idéalisée, face au présent qui n’offre d’autre voie aux jeunes que celle de l’océan, représenté à travers le port d’Alger. La symbolique du port, son horizon et ses multiples possibilités, devient un élément-clé de ces deux courts métrages, et une issue de secours de cet Alger cloîtré. Frantz Fanon, chantre de l’anticolonialisme et des peuples libres, reprend vie, dans un café, aux côtés du réalisateur/comédien. Ce dernier, a-t-on l’impression alors, convoque cette figure du passé pour constater les acquis et les défaillances de cette nation dont il faisait autrefois partie. Les relations hommes-femmes, la trahison, les difficultés de construire une relation amoureuse dans une société enchaînée par les dogmes sont traitées avec une bonne dose d’humour dans Symphonie de l’amour. De la rencontre (ici dans une boîte de nuit), le couple, formé par Aïrèche lui-même et une jeune comédienne, aux premières disputes, en passant par l’intimité qu’il aborde au second degré, le spectateur passe en revue l’histoire de ce couple qui franchit tour à tour les “cinq étapes” d’Yvon Dallaire et son étude sur la durabilité des couples. Lune de miel, lutte pour le pouvoir, partage du pouvoir, pour finir par l’engagement ou, en l’occurrence, par la séparation. Du fait de ses rôles de réalisateur et de comédien, on a l’impression à certains passages que le point de vue des hommes prédomine dans cet ambigu sujet que sont les relations amoureuses, où est donnée une image stéréotypée des jeunes femmes, un tantinet prétentieuse, impulsive.  En amont de ces projections, le film Fanon hier, aujourd’hui de Hassan Mezine a été projeté à la même salle, en présence du réalisateur. Le documentaire va à la rencontre de ces femmes et hommes qui ont connu le grand psychiatre et écrivain. “Des moments privilégiés au cours de la lutte mais aussi dans d’intimité familiale et amicale.”

Yasmine Azzouz

 

Categorie(s): culture

Auteur(s): Yasmine Azzouz

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