Sam Genet, coordinatrice du festival “cinémas d’Afrique” de Lausanne, à Liberté, “La production africaine faiblement distribuée en Europe”

Liberte; le Mardi 9 Octobre 2018
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Le Festival “Cinémas d’Afrique” de Lausanne est une manifestation annuelle qui “offre une programmation originale de films en provenance ou concernant les pays africains”. Pour sa 13e édition, pas moins de 58 productions (y compris algériennes) de 25 pays ont été présentées aux cinéphiles suisses. Sam Genet, coordinatrice générale de cet évènement, a participé aux dernières Rencontres cinématographiques de Béjaïa (du 1er au 6 septembre dernier). À cette occasion, elle revient dans cet entretien sur les objectifs de ce festival et sur son importance dans le paysage culturel suisse.

Liberté : Le festival “Cinémas d’Afrique” de Lausanne est un évènement consacré au continent noir. Après 13 éditions, a-t-il réussi à s’imposer dans la scène culturelle suisse ?
Sam Genet : C’est le seul festival dédié complètement et seulement à l’Afrique en Suisse. Notre objectif est de promouvoir le cinéma africain et surtout de promouvoir tous ses réalisateurs, qui ont peu de visibilité en Suisse. Aujourd’hui, il y a très peu de distribution de films africains, et l’utilité de notre festival est de pouvoir offrir un écran sur ces productions si riches du continent noir.
Cette année, nous avons reçu 5 000 festivaliers durant les trois jours de la manifestation, aussi bien dans les salles, les concerts ou les expositions.
Et nous avons été agréablement surpris car nous avons eu une édition record. Le public est de plus en plus présent et friand. Il est content de découvrir ce cinéma. Car il y a un intérêt de sa part (le public), pour la découverte de ces cultures qui, ne sont pas forcément connues dans notre pays.

Y a-t-il des critères précis dans le choix des films par le comité de sélection ?
Notre politique de base est de passer des films de réalisateurs africains qui sont tournés en Afrique, et qui n’ont pas eu la possibilité d’avoir une sortie cinéma suisse, et en France. En fait,  cette démarche est dans l’objectif de donner une visibilité à un cinéma qui n’a pas été distribué dans des salles conventionnelles. Dans les festivals européens, nous avons la chance de pouvoir tout montrer. Je me dis que nous avons un travail à faire pour soutenir le cinéma africain, notamment en projetant les films censurés dans leur pays. Par exemple pour le documentaire Fragments de rêves de Bahia Bencheikh El Fegoun, interdit de projection lors de la clôture des RCB, je vais le soumettre au comité de sélection, et ce, en présentant l’évènement et l’acte de résistance par rapport à cette censure.

Pour cette édition qui s’est déroulée du 23 au 26 août, plusieurs films algériens entre fiction et documentaire ont été proposés au public lausannois…
Tous les ans, notre programmation comporte des films algériens. Malgré tout ce que nous avons pu entendre sur la situation du 7e art, l’Algérie est considérée comme l’un des pays des plus importants dans la production cinématographique en Afrique. Pour cette édition, nous avons projeté sept films algériens, à l’instar de La Bataille d’Alger, un film dans l’histoire de Malek Bensmail, qui a suscité l’intérêt du public. Il y a eu également une “Carte Blanche”, qui a été donnée aux RCB.

D’ailleurs, vous avez été invitée par les RCB, dans le cadre d’une rencontre entre plusieurs responsables de festivals internationaux. Qu’est-il ressorti de cet échange ?
J’ai eu la chance d’être invitée par les organisateurs suite à cette carte blanche afin de découvrir ces rencontres, et je suis ravie d’avoir pu vivre cette semaine à Béjaïa. De plus, c’était ma première fois en Algérie, et j’ai eu l’impression d’être chez moi alors que je ne connaissais pas du tout le pays. Au niveau de la programmation, je suis très admirative par le travail fait par l’ensemble de l’organisation des RCB, ils sont bénévoles et la programmation est quand même très poussée. J’ai été surprise également par le nombre des invités et du temps accordé pour l’échange avec les réalisateurs à travers les ciné-café, les débat et les master class. Je trouve que cela donne une autre ampleur au cinéma. Par ailleurs, cette rencontre avec les responsables de festivals nous a permis de nous découvrir, et de faire découvrir nos évènements ainsi que de prendre contact les uns avec les autres pour d’éventuels échanges dans le futur.

Entretien réalisé par: Hana Menasria

Categorie(s): culture

Auteur(s): Hana Menasria

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