Tlemcen, Le carnaval Ayred attendu avec impatience

Liberte; le Jeudi 11 Janvier 2018
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Ayred est le clou de Yennayer avec son bruyant défilé de jeunes portant des masques, revêtus de peaux de bêtes séchées et chaussés de vieux souliers en peau de chèvre, passant de maison en maison au rythme endiablé d’instruments à percussion.

Jamais la contrée berbère de Béni Snous n’a occupé autant le haut du pavé dans l’ouest du pays qu’à la faveur de Yennayer 2968. Les autorités de la wilaya de Tlemcen instruites par le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, ont mis le paquet pour hisser, cette année, l’événement sur un piédestal, et ce, bien sûr, à la faveur de l’institution de la date du 12 janvier, Journée nationale du nouvel an amazigh. La plupart des structures à vocation culturelle ont été mobilisées pour accueillir, une semaine durant, le public à qui il est proposé une panoplie d’activités dont des conférences sur l’origine et la symbolique de Yennayer comme celle donnée au Musée national d’histoire de Tlemcen par le Dr Saridj Mohamed, anthropologue, historien et écrivain. Il a, notamment, indiqué que Yennayer est le premier jour de l’an du calendrier agraire utilisé depuis l’antiquité par les Berbères à travers le Maghreb et correspondant au premier jour de janvier du calendrier julien, qui, aujourd’hui, est décalé de 13 jours par rapport au calendrier grégorien, soit le 14 janvier de chaque année. Au programme des festivités s’ajoutent les spectacles de chants et de danses berbères, les expositions de produits artisanaux et des salons consacrés à l’art culinaire traditionnel.
Le centre d’intérêt est cependant focalisé sur le village de Béni Snous où le programme colle davantage à la réalité avec le fameux carnaval “Ayred” (lion en tamazight), programmé cependant l’après-midi du jeudi pour les invités alors qu’il est célébré d’habitude la nuit, propice au mystère et aux questionnements. “Ayred” est le clou de Yennayer avec son bruyant défilé de jeunes portant des masques et revêtus de peaux de bêtes séchés, chaussés de vieux souliers en peau de chèvre, passant de maison en maison au rythme endiablé d’instruments à percussion, pour recueillir victuailles et autres produits qui seront par la suite distribués aux nécessiteux. La population est associée à l’événement en chantant en chœur des complaintes. À l’approche de chaque maison, le crieur déclame : “Halou bibenkoum, rana djinakoum” (ouvrez vos portes, nous sommes venus). Si la porte n’est pas entrouverte, les membres de la confrérie clament à haute voix : “Chebriya mherssa, moulat eddar emtalka” (la jarre est brisée et la maîtresse de maison va être répudiée). Un amas de pierres est alors déposé à l’entrée de la maison en signe de représailles. Yennayer c’est aussi la belle table garnie dont Béni Snous garde jalousement la paternité avec son rituel couscous partagé par toute la confrérie, accompagné de plats mijotés à base de fèves et de raisins secs ou de piments rouges ainsi que des gâteaux traditionnels.

B. Abdelmadjid

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Abdelmadjid B

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