France : le gouvernement divisé sur un contrat d’armement avec l’Arabie saoudite

Tsa; le Mardi 21 Mars 2017
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Le président français, François Hollande, a approuvé la livraison pour 455 millions d’euros d’armes à l’Arabie saoudite dans le cadre d’un contrat dont le montant global s’élève à 3 milliards d’euros, a rapporté, lundi 20 mars, le journal français Le Point.
Baptisé initialement Donas, ce contrat prévoyait une livraison d’armes françaises à l’armée libanaise pour le même montant. Le tout financé par l’Arabie saoudite. Mais le royaume wahhabite, vexé par la position du gouvernement libanais sur son conflit diplomatique avec l’Iran,  a interrompu son aide militaire à Beyrouth, en récupérant le contrat à son profit. Dès lors, il a été  rebaptisé Saudi-French Military Contract (SFMC) avec pour nouveauté, une probable autre commande estimée entre 1,2 et 1,4 milliard d’euros à terme.
Cependant, le SFMC ne fait pas l’unanimité au sein du gouvernement français. Si les ministres des Finances et de la Défense y étaient favorables, ce n’est pas le cas du premier ministre, Bernard Cazeneuve, et du ministre des Affaires étrangères, Jean marc Ayrault, en raison des risques d’utilisation de ces armes au Yémen, où l’Arabie saoudite mène une guerre sans relâche contre les rebelles Houthis depuis 2015.
D’après Le Point, ce n’est pas le type d’armes commandées qui pose problème. Déjà fournies par le passé aux Saoudiens, ces armes sont des munitions d’artillerie de 155 mm et des obus de mortiers de 120 mm, qui équipent des blindés de l’armée saoudienne de fabrication française, en l’occurrence les Piranha.
Ce sont plutôt les quantités demandées qui ont intrigué Matignon (le Premier ministère français). Ce dernier a bloqué dans un premier temps la transaction, donnant lieu à des négociations entre les quatre départements.
Chaque département a avancé ses arguments. Le ministre des Affaires étrangères s’y est opposé, tandis que celui des Finances a appuyé cette vente « qui rapporte si gros ». De son côté, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a toujours considéré l’Arabie saoudite comme un allié dans la guerre contre le terrorisme.
Un consensus a été trouvé pour certaines armes. En revanche, pour les munitions destinées à la guerre au Yémen les divergences persistaient. Saisi par son Premier ministre, le président Hollande a tranché en faveur de  Ryad qui peut désormais faire cette acquisition. Les Saoudiens doivent confirmer désormais leur commande.
Selon Le Point, la France a soutenu « de toutes ses forces » l’intervention militaire saoudienne contre les rebelles chiites Houthis dès son début, notamment dans les domaines « les plus sensibles » à l’instar de « la guerre électronique et le renseignement ».

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Nacereddine Benkharef

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