5e Forum mondial de l'eau à Istanbul : Source de vie, source de conflits

Elwatan; le Lundi 16 Mars 2009
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Emily Dikinson disait : «Par la soif, on apprend l'eau», une pensée qui pourrait être l'intitulé des travaux du 5e Forum mondial de l'eau, qui ouvrira ses portes aujourd'hui à Istanbul et qui a pour thème «Bridging Divides for Water» (établir des passerelles entre nos divergences).
Divergences ?! Une semaine durant, cette conférence traduira les inquiétudes des 20 000 participants, représentant plus de 100 pays, qui prendront part à ce rendez-vous autour de la raréfaction de cette source de vie. Après le forum qui s'est tenu il y a trois ans à Mexico, Istanbul accueille à son tour une quinzaine de chefs d'Etat, des écologistes, des ingénieurs et des élus locaux qui tenteront de trouver des réponses à la lancinante question du partage équitable de l'eau dont l'épuisement est une source de tensions, de conflits et de maladies. Débutant avec un minisommet des chefs d'Etat, ledit forum abordera la problématique de l'eau sous toutes ses facettes, notamment celle de ressource sous pression du fait de la croissance démographique, l'évolution des modes de consommation alimentaire et les besoins en énergie.

Avec l'épuisement de cette ressource du fait du réchauffement, les populations seront obligées de migrer vers des contrées plus dotées en eau. Les experts prédisent un grand mouvement des populations du Sud vers le Nord. Dans un rapport publié par les Nations unies, il est établi que 47% de la population en 2030 vivra dans des zones soumises à des stress hydriques importants. L'Afrique verra en 2020 pas moins de 75 à 250 millions de personnes sujettes au stress hydrique. Trois millions de personnes mourront prématurément de maladies liées à l'eau alors que pas moins de 5 milliards de personnes n'auront pas accès à un système d'assainissement décent en 2030. Dans un horizon plus lointain, c'est-à-dire en 2050, la population mondiale augmentera de près de 80 millions de personnes par an pour atteindre 9 milliards, à l'heure où la demande d'eau douce passera à 64 millions de mètres cubes par an.

Pour le président du Conseil mondial de l'eau et président du forum, «les inégalités sont inacceptables». «Depuis 50 ans, les politiques de l'eau dans le monde entier ont consisté à apporter toujours plus d'eau. Nous devons entrer dans des politiques de régulation de la demande», a indiqué Loïc Fuachon, en donnant l'exemple de certaines villes américaines consommant 1000 litres d'eau par jour, contre quelques dizaines de litres seulement pour de nombreux pays africains. L'eau est aussi une affaire de sécurité des pays. Que ce soit en Méditerranée, au Proche-Orient ou en Afrique, la guerre pour l'acquisition de la source de vie est bien entamée. Les Nations unies lancent une mise en garde contre les crises de l'eau en dénonçant un «sous-investissement, une mauvaise gouvernance et un manque chronique d'intérêt politique».

Ceci et de prédire une concurrence entre les différents usages de l'eau. Si le CICR appelle les Etats à protéger l'eau et les réseaux sanitaires en temps de guerre, des sources, citées par des agences, affirment qu'une annonce sur le partage des eaux du Tigre et de l'Euphrate entre l'Irak, la Turquie et la Syrie, est attendue.

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Auteur(s): Nadjia Bouaricha

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