Abdelaziz Belkhadem à Béjaïa : «La Kabylie ne doit pas être prise en otage»

Elwatan; le Jeudi 19 Mars 2009
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Le secrétaire général de l'instance exécutive du FLN, Abdelaziz Belkhadem, n'arrive pas à comprendre les raisons qui poussent «certains» à appeler au boycott de l'élection présidentielle du 9 avril. «Ces gens-là, ne veulent-ils peut-être pas que le pays ait un président !», s'est-il exclamé à l'ouverture du Forum régional des élus et de la société civile, organisé hier à la Maison de la culture de Béjaïa.

Béjaïa
De notre bureau

Ce fut en fait l'ouverture et la clôture de la manifestation, puisque celle-ci a été réduite finalement à un meeting, alors que son intitulé officiel annonçait un débat sur le développement, auquel étaient conviés les élus de six wilayas voisines de Béjaïa et le mouvement associatif.
L'ancien chef de gouvernement reconnaîtra que la Kabylie avait souffert durant de longues années en affirmant qu'elle n'a jamais été marginalisée par le pouvoir politique. Pour preuve, il cite le chiffre de 120 milliards de dinars affectés à Béjaïa ces dix dernières années, au titre des programmes décentralisés de l'Etat, et annonce quelque 265 milliards de dinars comme enveloppe devant être dégagée au bénéfice de la wilaya pour le programme quinquennal prochain. Laborieusement, et sur le même registre, M. Belkhadem a argumenté, lors d'un point de presse, que le fait que le chef de l'Etat n'ait pas visité la région durant ses deux mandats ne doit pas faire douter de l'intérêt accordé à la région.

Une visite certes peut avoir une portée politique, mais elle ne détermine pas la cadence du développement, estime-t-il en substance. Aussi, les promoteurs du boycott sont appelés à «ne pas prendre en otage la région». Dans le même ordre d'idées et mêlant souvent l'appréhension du boycott à celle de l'abstention, l'orateur puisera dans une imagerie qui réduit le mot d'ordre de non participation à une lubie d'acteurs politiques capricieux et sans alternative. «On joue ou on gâche la partie ! C'est ce que semble nous dire les boycotteurs. Et puis, quelle est donc cette posture qui voudrait qu'une équipe n'ait pas le droit de jouer parce que elle a l'heur de drainer beaucoup de supporters ?», ironise le responsable du FLN, allusion faite aux critiques exprimées par l'opposition sur l'engagement des moyens de l'Etat, des organisations de masse et des associations derrière le président candidat.

L'assistance acquise et survoltée du Forum du FLN a eu droit à des dithyrambes sur les réalisations du président candidat et à de vaillants serments d'aller voter en masse le jour du scrutin pour élire Bouteflika. Même si M. Belkhadem s'est défendu lors du point de presse, le rendez-vous a pris les allures d'une activité inaugurale de la campagne en faveur du président localement. Les organisateurs en tout cas, en plus des déclarations démonstratives confiées aux «représentants de la jeunesse» et du mouvement associatif, n'ont pas lésiné sur les affiches et les portraits géants, y compris à l'extérieur de l'enceinte, pour manifester leur choix.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Mourad Slimani

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