Agriculture : le bon sens revient chez les cultivateurs de patates

Elwatan; le Mercredi 2 Janvier 2013
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La campagne d’importation de semence de pomme de terre est entrée dans sa phase ultime. Alors que pas moins de 5 navires attendent en rade l’entrée de l’année nouvelle afin de bénéficier du quota «hors taxes» autorisé par l’Union européenne, le tonnage réceptionné durant le mois de décembre s’élève à 73 000 tonnes. Pour cette année agricole, les opérateurs de la filière semence de pomme de terre ont agi avec beaucoup de sagesse. En effet, l’année écoulée s’était singularisée par les énormes dégâts causés aux cultures par la neige et les températures gélives du mois de février. A cette époque, l’arrivée précoce de la semence avait incité les fellahs à planter plus tôt que d’habitude, ce qui avait totalement bouleversé le cycle végétatif de la patate dont les plants étaient déjà bien avancés au moment où le climat devenait des plus rigoureux.

La suite, les fellahs l’auront apprise à leurs dépens, des champs entiers ont été décimés par le froid, entraînant des pertes de productions considérables, ce qui obligera l’Algérie à faire un appoint en recourant à une importation de 30 000 tonnes de pomme de terre de consommation. C’est pourquoi, contrairement aux années précédentes, les importations de semences n’ont commencé qu’au début du mois de décembre, soit avec un mois de retard sur l’année dernière. Revigorés par l’entrée d’argent frais suite à la récolte de plus de 2 millions de tonnes de pomme de terre d’arrière-saison, les fellahs de Mostaganem se sont très vite rapprochés des nombreux importateurs dont le moins que l’on puisse dire est qu’ils ont imposé des prix qui donnent le tournis.

La relative coordination qui avait cours jusque-là a apparemment cédé devant la frénésie du marché. Si bien que les prix de vente pratiqués par la plupart des opérateurs ont fait rapidement le bonheur des revendeurs spécialisés qui les ont fait flamber. En effet, sur la place de Sirat et de Bouguirat, les variétés Fabula, Bartina ont allègrement dépassé les 13 000 dinars le quintal. Connues pour leur fort  potentiel productif, ces deux variétés hollandaises sont fortement recherchées par les agriculteurs qui n’hésitent pas à en payer le prix fort. Souvent, ce sont des fellahs qui favorisent ce marché juteux en se séparant d’une partie de leur cargaison acquise à moins de 10 000 dinars auprès des importateurs.

La variété Spunta, de couleur blanche, bien cotée à travers l’ensemble du pays, a été cédée entre 6 000 et 9 000 dinars, la différence s’explique par l’origine de la semence, celle venant de Hollande étant plus prisée que celles produites en France ou en Belgique. Même la vieille Désirée ne s’en laisse point conter puisqu’elle s’écoule à plus de 7 500 dinars. Cette variété rouge est particulièrement appréciée pour ses prédispositions au stockage et pour ses rendements jamais démentis. Avec un tonnage qui devrait atteindre les 90 000 tonnes, le port de Mostaganem confirme son statut de première structure de débarquement de la semence de pomme de terre.                    

Categorie(s): mostaganem

Auteur(s): Yacine Alim

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