Agrumiculture : Les vergers restitués reprennent des couleurs

Elwatan; le Lundi 7 Janvier 2008
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Les orangers s’étendent à perte de vue et des camions de plusieurs wilayas attendaient leur chargement. Des jeunes font la cueillette et ne rechignent pas au travail.
Avec 5 800 hectares, dont 1 400 ont été plantés dans le cadre des différents plans de soutien à l’agriculture, les vergers agrumicoles représentent le plus fort potentiel arboricole de la région. Une virée à l’intérieur de ce qui fut autrefois l’une des plus importantes zones de production et d’exportation des variétés d’orange était donc nécessaire, surtout que la wilaya vient de renouer avec la fête de l’orange, une manifestation traditionnelle qui avait disparu du paysage local depuis 1987. Même si beaucoup reste à faire, les exploitants tentent de redonner à cette activité agricole la place qui lui revient dans la vie socioéconomique locale. L’espoir est permis si l’on tient compte des efforts consentis par ces deniers en matière notamment de renouvellement, d’entretien et de sauvegarde des vergers. C’est ce que nous avons pu constater effectivement lors d’une visite à la plaine d’Ardh El Beida, à la sortie nord de la ville de Chlef. Les orangers s’étendent à perte de vue et des camions de plusieurs wilayas attendaient leur chargement. Des jeunes font la cueillette et ne rechignent pas au travail, nous dit-on. Ils sont de plus en plus nombreux, indique-t-on, à venir chercher cet emploi saisonnier. Alors que nous progressons à l’intérieur de la plaine, nous découvrons l’exploitation des héritiers Boutiba Abdrrahamane, une exploitation qui a été restituée à son propriétaire en l’an 2000. C’est un ensemble de près de 200 hectares d’orange, de mandarine et de citron, qui a été repris et retravaillé par ses exploitants initiaux. «Nous avons hérité d’une situation catastrophique et il a fallu consentir de gros moyens et travailler d’arrache-pied pour sauver les vergers. Les résultats ne se sont pas fait attendre puisque même les arbres âgés de 50 ans et plus donnent aujourd’hui jusqu’à 180 quintaux à l’hectare», nous dira le gérant Ahmed.

SAUVER LES VERGERS

D’après lui, cela est le fruit du travail continu et des soins quotidiens apportés aux arbres, dont l’irrigation se fait soit du barrage de Oued Foda, soit des forages, tout dépend de la disponibilité hydrique. Le propriétaire Abdelkader a aussi fait de la gestion de l’eau une préoccupation quotidienne, en utilisant les nouvelles techniques d’économie de l’eau, comme le goutte-à-goutte. «Cela nous permet de mieux supporter la période des grandes chaleurs, généralement marquée par un manque crucial du précieux liquide», souligne-t-il. Il a par ailleurs, à l’instar de ses frères, lancé une opération de renouvellement progressif des anciens orangers. Ceux-ci, connus pour leur longévité, ne commencent cependant à produire suffisamment qu’à partir de 8 ans. Sur les prix pratiqués dans les marchés (80 DA le kilo), notre interlocuteur affirme que la responsabilité ne peut être imputée aux producteurs, du fait que ces derniers «écoulent la plupart de leur marchandise à moins de 40 DA le kilo, malgré les charges importantes et la cherté des produits phytosanitaires».
Les failles sont à chercher plutôt du côté des intermédiaires et des détaillants sans scrupules.

Categorie(s): chlef

Auteur(s): A. Y.

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