Algérie, Belarus, Russie et Ukraine : L’art de mettre des concurrents hors course !

Elwatan; le Lundi 20 Fevrier 2012
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Et en mettant hors-jeu quatre non négligeables concurrents - Algérie, Belarus, Russie et Ukraine -, le quasi-monopole que l’UE s’est injustement arrogé sur son marché domestique ainsi que celui voisin s’est effrité plus ou moins rapidement selon les pays. Pourquoi ? Crise économique, hausse du prix du gaz naturel -auquel est intimement lié le processus de fabrication des engrais azotés- et disparition de plusieurs capacités de production aidant, la filière des engrais dont le marché se distingue par sa volatilité va connaître de grands et longs moments de stress, prédisent les spécialistes. Le facteur générateur est, selon eux, le rythme de croissance de la demande qu’ils situent entre 3 et 4 % pour totaliser près de 190 millions de tonnes.

Cette hausse sera particulièrement fortement prononcée en Chine et en Asie du Sud, car notent-ils, les perspectives du marché mondial des engrais est tributaire de l’évolution des conditions climatiques, du contexte économique et financier mondial, la montée de l’usage des biocarburants et des prix des produits agricoles ainsi que les orientations politiques de développement agricole notamment au niveau des économies émergentes à forte densité démographique. «Globalement, la demande de l’engrais continuera à augmenter les engrais phosphatés et potassiques auront une croissance acceptable dans le moyen terme, alors que la demande pour les engrais azotés sera très importante. Les 105 millions de tonnes pronostiqués pour 2012 pourraient dépasser les 112,5 millions de tonnes.  Le produit phare des engrais azotés est sans conteste la solution d’urée et nitrate d’ammonium relevant du code NC: 3102.80.00 et dénommée UAN 32% qui a supplanté toutes les autres formules et dont la demande explose à l’échelle planétaire, y compris en Europe. Par conséquent, il y aura un besoin continuel d’augmentation de production, soit par la construction de nouvelles unités, soit par l’extension des potentialités de celles existantes».

Ce qui ne peut, pour le moment, être envisageable en raison de la crise, expliquant en grande partie le fait que Bruxelles soit revenue à de meilleurs sentiments et ait donné son feu vert pour la levée de la taxe antidumping laquelle, conclut M. Bedja, devrait  permettre à  Fertial de disposer d’une meilleure flexibilité en termes de mix de production et d’exportation en fonction, évidemment, de l’évolution des prix de vente.

En l’absence des quatre pays pénalisés par la taxe antidumping instaurée par les pays de l’UE,  les engrais azotés, dont l’UAN commercialisé sur le marché mondial, provenaient, jusqu’à fin 2011, essentiellement des pays du Moyen-Orient, notamment l’Egypte, des pays de la région de la mer Noire en plus de la Roumanie.
S’agissant des prix, ils sont globalement corrélés à l’évolution du marché international lequel est marqué par une rareté et une répartition inégale des matières premières, en particulier pour le gaz naturel. Ils sont également tributaires de l’évolution des coûts des céréales sur le marché international. Actuellement, la tonne d’UAN s’exporte à des prix se situant entre 500 et 520 dollars/t qui risquent de poursuivre leur ascension sur les différents marchés fournisseurs.

Avec 300.000 t de capacités de production, n’y a-t-il pas de quoi aiguiser les appétits chez Fertial, la filiale algérienne de l’empire espagnol Villar Mir fort de Ferroatlántica (Espagne et Venezuela) et Pechiney Electrométallurgie (France et Afrique du Sud), Fertiberia et Fertial (Espagne et Algérie), Obrascón Huarte Lain - OHL (12 pays) et Inmobiliaria Espacio (Espagne et États-Unis). C’est dire que cet ancien ministre du Trésor avait flairé le filon en rachetant les 66% des actions d’une entreprise à la réputation établie et qui s’était attiré une reconnaissance internationale de par la qualité de ses produits et ses performances commerciales à l’international : une présence en force sur les marchés espagnol, français, italien, grec, turc, belge, britannique, cubain et marocain pour l’ammoniac, ceux tunisien et marocain pour le nitrate,  grec, italien, brésilien et marocain pour le super simple phosphate (SSP), français, espagnol et surtout américain pour L’urée ammonium nitrate (UAN).

Avec la disparition de la taxe antidumping -13%-, l’on commence déjà à se frotter les mains et à esquisser son retour sur un marché en grand appétit.Toutefois, Fertial, aurait-elle encore besoin de passer par les canaux de distribution de sa sœur aînée Fertiberia  afin d’assurer une place à son UAN en Europe, comme c’est le cas des 600.000 t d’ammoniac ?                 

Categorie(s): economie

Auteur(s): Naima Benouaret

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