Amizour (Béjaïa) : Des chômeurs crient leur colère

Elwatan; le Mardi 27 Octobre 2015
98868


Se sentant lésés dans le concours de recrutement au niveau du campus d’Amizour, plusieurs dizaines de jeunes des villages de la même commune ont bloqué la RN75 à la circulation automobile depuis dimanche dernier. La route a été bloquée à l’aide de grosses buses en béton, empêchant les usagers du sud de la wilaya et ceux de Sétif qui passent par Bouandas de rejoindre le chef-lieu de wilaya. Ces derniers se rabattent sur la RN12, où d’impressionnants bouchons se sont formés le long de la route.

Les jeunes des villages Ihayounane, Calvet, domaine Laifa, Ibakouren, entre autres quartiers et cités, disent voir dans l’ouverture du campus d’Amizour une opportunité de travail. Mais après que le ministère de l’Enseignement supérieur eut décidé de surseoir à la décision de sa mise en service, après la grève des enseignants de la faculté des sciences exactes, les jeunes sont sortis dans la rue pour exprimer leur désarroi face à une décision qui «va les priver dans l’immédiat des retombées économiques et sociales de cette structure», disent-ils.

Rencontrés sur les lieux, les protestataires ont expliqué que, de plus, «les résultats du concours de recrutement montrent que la majorité des candidats retenus ne sont pas d’Amizour». Et de poursuivre : «Le problème est généralisé. Nous attendions beaucoup des responsables locaux en termes d’emploi, mais la seule occasion concrète qui s’est présentée à nous et que nous attendions est l’ouverture de ce campus qui devrait employer, en priorité, nos jeunes».

Les protestataires, qui dénoncent «les procédures et la manière dont le recrutement a été opéré», ont rappelé que la «direction des œuvres universitaires de Béjaïa avait organisé un concours pour le recrutement de la main-d’œuvre, mais nous étions vite déçus après l’annonce des résultats.» De son côté, l’association Solidarité action jeunesse, l’une de celles qui soutiennent cette action, a estimé dans une déclaration rendue publique que «ce campus peut et doit servir de locomotive pour sortir notre localité de sa léthargie qui n’a que trop duré».

Tout en voulant se démarquer du récent conflit opposant les enseignants et le rectorat, ils expriment, néanmoins, leur regret de voir le campus non opérationnel cette année. Ils écrivent, dans le même communiqué, que «s’agissant du conflit déplorable qui retarde et hypothèque l’ouverture du campus, nous considérons que c’est à la tutelle de prendre ses responsabilités avec célérité et dans ce contexte nous mettons en garde contre toute velléité d’exploitation de cette situation à des fins inavouées que tenteront certaines parties».

Contacté par nos soins, le président de l’APC d’Amizour, M. Bouzidi, a déclaré avoir «entamé des démarches auprès du rectorat de l’université Abderrahmane Mira et des services des œuvres universitaires de Béjaïa afin qu’ils fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour embaucher des jeunes de sa localité qui souffrent, en effet, du chômage».

Dans le même contexte, l’APC, dit-il, «œuvre à la création d’une zone industrielle à proximité de la pénétrante qui traverse la commune sur 18 km, mais ce dossier n’a pas encore abouti». Et d’ajouter : «Nous avons reçu des promesses que l’administration locale fera le maximum pour placer des jeunes d’Amizour dans ce nouveau campus, et ce, conformément à la réglementation d’usage.»

Categorie(s): bejaia

Auteur(s): Nordine Douici

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..