Ana maria matute. Romancière espagnole : «Ecrire, c’est vivre»

Elwatan; le Mardi 17 Mars 2009
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Née à Barcelone le 26 juillet 1926, Ana Maria Matute est une romancière espagnole universellement connue. Elle a écrit plus d’une quarantaine d’ouvrages de littérature et de contes, traduits en plusieurs langues. Elle obtint ainsi plusieurs prix et reconnaissances dont les derniers sont : Le National de lettres espagnoles, en 2007 et Le Quijote des lettres espagnoles, en 2008. Ana Maria Matute, membre de l’Académie royale espagnole, est une des plus illustres écrivaines de la langue de Cervantès. Malgré son âge et dans une humilité qui marque les grands du savoir, elle est venue cette semaine en Algérie pour un débat fructueux avec les étudiants de l’université de Bouzaréah. Nous l’avons rencontrée et avec une voix posée et un ton doux elle nous livre ses impressions.

- C’est la première fois que vous venez en Algérie...

- Oui, c’est la première fois que je foule le sol algérien. Cela, grâce à une invitation de l’institut Cervantès et surtout à ma très chère amie Saliha Zerrouki, docteur en littérature espagnole, pour vous dire que les deux font énormément de choses pour cette langue.

- Pourrions-nous savoir comment est né en vous cet engouement pour la littérature ?

- Sincèrement, je ne sais pas, mais je pense que cette étincelle a jailli en moi depuis mon enfance, quand on me narrait des contes. A 4 ans, je lisais et à 5 ans, j’écrivais déjà mes propres contes. A 17 ans, j’ai publié mon premier roman. Je ne vous cache pas que j’ai été profondément marquée dans ma jeunesse par la guerre civile espagnole et, justement, j’ai placé ce thème douloureux au centre de mon œuvre pour décrire les bouleversements d’un affrontement fratricide. Dans le fond, cette envie d’écrire était en moi. Je voulais être écrivaine. Je me rappelle aussi, qu’étant toute petite, quand je voyais un livre, je rêvais d’écrire le même en devenant adulte.

- Qu’est-ce qu’écrire pour vous ?

- Ecrire c’est vivre pour moi. J’ai commencé à écrire, parce que le monde ne me comprenait pas. J’ai pensé que si le monde ne veut pas de moi, et bien je veux en inventer un. Je fais partie du deuxième groupe d’écrivains, ceux qui le sont malgré eux. Ecrire, c’est aussi avoir deux vies, l’une réelle et l’autre de mots.En fait, l’une n’exclut pas l’autre. Avoir une vie de papier n’empêche pas de passer à l’autre vie qui a des choses aussi merveilleuses.

- Avec tous les prix et distinctions que vous avez eus, je pense que vous avez fait le plein ?

- Non, il me reste le prix Cervantès.

- Avez-vous connaissance de la littérature algérienne ?

- Pour vous dire vrai, non. Mais, il m’est arrivé de lire dans la foulée des auteurs algériens sans pour autant en garder un profond souvenir. Je vous promets que cette fois après mon passage à Alger je vais m’y intéresser sérieusement.

- Quel message pourriez-vous laisser à tous les hispanistes algériens et surtout à cette jeunesse estudiantine qui vous a accueillie à l’université de Bouzaréah ?

- Vous savez, quand je suis rentrée à l’auditorium de l’université, j’ai été émerveillée par ces jeunes venus très nombreux à ma rencontre et qui se sont levés comme une seule personne pour m’applaudir chaleureusement. C’est un signe fort de la soif d’apprendre qui fait honneur à votre pays. A tous ces hispanistes, je demande qu’ils viennent en Espagne et qu’ils lisent nos ouvrages et aussi qu’ils nous invitent à venir souvent en Algérie.

- L’Algérie vous a plu ?

- C’est un pays qui me fait rêver, je l’aime beaucoup. Je vous fais une confidence. J’aurais aimé être jeune et me marier ici à la façon traditionnelle. J’ai vu des photos de mariage et j’ai été émerveillée.

Categorie(s): culture

Auteur(s): S. R. O.

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