Après le tour de vis des autorités : les djihadistes tunisiens accusent l’Algérie

Elwatan; le Jeudi 3 Janvier 2013
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Tunisie
De notre correspondant

L’Algérie a de sombres précédents avec l’éveil islamique (sahoua). Tout le monde se rappelle de la décennie noire et des dizaines de milliers de victimes. Il est donc désolant de constater que malgré ces atrocités, c’est l’Algérie qui inspire aujourd’hui les autorités tunisiennes dans l’attitude par rapport à l’éveil islamique en Tunisie», a regretté le dirigeant salafiste djihadiste, Brahim Dorgham, dans une déclaration au journal électronique Assabah News. Le dirigeant djihadiste a considéré que «la jeunesse islamiste fait face à un complot qui consiste à la provoquer, l’entraîner à des bains de sang et l’accuser d’en être l’instigatrice, à l’aide de fausses rumeurs amplifiées médiatiquement, comme c’est actuellement le cas en Tunisie».

Pour Brahim Dorghame, le pays traverse une passe très délicate. «Le gouvernement ne cesse de souiller ses mains avec le sang des citoyens qui l’ont élu. La dernière victime est une mère de famille qui a été abattue chez elle, dans une prétendue chasse aux terroristes. Derrière, c’est toute une famille qui a été décimée et deux bébés qui ont perdu leurs parents», a-t-il regretté. Les djihadistes accusent le gouvernement tunisien d’avoir un attachement aveugle au pouvoir.

«Cette course effrénée à la chaise a fait que le gouvernement s’inspire de l’expérience algérienne et accepte les recommandations du ministre algérien de l’Intérieur, Daho Ould Kablia, qui vient de séjourner en Tunisie», s’est indigné Brahim Dorgham. «Les autorités tunisiennes se sont limitées à constater que le gouvernement algérien est parvenu à affaiblir les djihadistes et à rester en place. Elles n’ont pas regardé  les dizaines de milliers de victimes, ni l’impact sur la société», a-t-il déclaré avec amertume. Le djihadiste a accusé en conclusion le ministère de l’Intérieur tunisien d’avoir déformé la réalité dans son récit des événements de Douar Hicher.

Infiltrations dans l’armée ?

Les dernières révélations sur le récent suicide du caporal-chef, Badri Tlili, indiquent l’existence de rapports confirmés le liant avec l’un des membres de la section Okba Ibnou Nafaâ que AQMI allait installer en Tunisie. Le colonel-major Mokhtar Ben Nasr, porte-parole de l’armée, a expliqué dans une déclaration à l’agence officielle TAP que Badri Tlili avait été convoqué pour être entendu dans le cadre d’une enquête sur ses rapports avec un membre de la cellule terroriste impliquée dans les événements de Jendouba. «Au terme de la première partie de l’enquête, le caporal-chef a reconnu le 28 décembre son lien avec le groupe terroriste et a été maintenu en détention pour complément d’enquête, avant d’être traduit devant la justice», a ajouté le porte-parole du ministère de la Défense. Badri Tlili s’est suicidé le 29 décembre par pendaison dans son lieu d’arrestation, comme l’ont confirmé deux rapports d’autopsie, mais une grande question persiste sur le degré d’infiltration de ce groupe terroriste dans l’armée et si le caporal-chef Tlili était l’unique
ramification.

Categorie(s): international

Auteur(s): Mourad Sellami

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