Architecture de sécurité euro-atlantique : Solana rejette l'appel de Moscou

Elwatan; le Dimanche 22 Mars 2009
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Le diplomate en chef de l'UE, Javier Solana, a écarté, hier, la demande de la Russie pour une nouvelle architecture de sécurité euro atlantique, estimant qu'une meilleure utilisation du Conseil OTAN-Russie suffirait à répondre aux préoccupations russes.
L'architecture actuellement en place «pour nous, fonctionne bien, il n'y a pas de besoin important d'en mettre en place une autre», a souligné M. Solana lors d'un débat avec le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, dans le cadre du Brussels Forum à Bruxelles.
Face à M. Lavrov qui relançait les appels de Moscou à un «pacte» incluant la négociation d'un nouveau traité contenant «des engagements juridiquement contraignants», M. Solana a estimé que «négocier un traité légalement contraignant prendrait énormément de temps» et que «commencer à travailler à un nouveau traité serait une erreur».
M. Solana a cependant estimé qu'Européens et Américains devaient «essayer de répondre aux préoccupations de la Russie, mais sans compliquer trop la structure actuelle». Un «bon moyen d'y arriver est d'adapter le Conseil Otan-Russie aux réalités», a-t-il ajouté. Il a aussi estimé que toute modification de l'architecture actuelle devrait impliquer les trois éléments sur lesquels elle est bâtie, à savoir «la sécurité au sens fort, mais aussi l'économie et les droits de l'homme».

«Il y a beaucoup de possibilités (dans ce Conseil) qui ne sont, je ne dirais pas complètement oubliées, mais pas utilisées à 100%», a ajouté M. Solana. Les réunions du Conseil Otan-Russie, créé en 2002 pour discuter des différends potentiels entre Moscou et l'Alliance atlantique et limiter les tensions, ont récemment été relancées, après six mois de suspension suite au conflit russo-géorgien d'août 2008. M. Lavrov, reprenant une initiative lancée en juin 2008 par le président russe Dmitri Medvedev, avait auparavant plaidé pour la négociation d'un nouveau traité international sur la sécurité, estimant que de nombreux engagements politiques pris dans le cadre des traités et structures existants n'étaient «pas juridiquement contraignants».
Evoquant l'élargissement potentiel de l'Otan à l'Ukraine et à la Géorgie, que refuse Moscou, M. Lavrov avait estimé que la structure actuelle «ne fonctionne pas», et souligné que le principe qui veut qu'aucun pays ne doit «étendre sa sécurité aux dépens d'un autre» n'était pas respecté. Il a aussi souligné que dans le cadre de la négociation de ce nouveau traité, Moscou voulait qu'Occidentaux et Russes «s'entendent sur des critères pour éviter les conflits, pour qu'il n'y ait pas une norme pour le Kosovo et une autre pour tout le reste».

Categorie(s): international

Auteur(s): A.F.P.

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