Banque mondiale : les prix alimentaires reculent mais restent élevés

Elwatan; le Dimanche 1 Decembre 2013
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«Tout recul durable des prix est bienvenu et nous avons de nombreux motifs de satisfaction. Mais ces acquis restent fragiles. L’instabilité des devises et les aléas climatiques entretiennent des inquiétudes qui nous interdisent de crier victoire sur le front des prix alimentaires», a prévenu Ana Revenga, une vice-présidente par intérim de l’institution, à la tête du Réseau pour la lutte contre la pauvreté et la gestion économique. Les prix alimentaires mondiaux ont reculé de 6% entre juin et octobre, tirés à la baisse principalement par le maïs (-37%) et le riz (-16%) sur fond de «prévision de récoltes record» et de conditions météorologiques pour le moment «favorables», d’après le rapport trimestriel Food Price Watch du Groupe de la Banque mondiale.

Le prix du maïs a ainsi enregistré une baisse de 40% en Ukraine tandis que celui du riz chutait de 24% au Rwanda, selon le même rapport. Sur le seul mois d’octobre, les prix alimentaires mondiaux ont reculé en un an de 12%. «En dépit de ce déclin, les prix restent proches de leurs niveaux record atteints en août 2012», a mis en garde cette institution internationale. Entre juin et octobre, a indiqué encore la BM, les prix du blé et du sucre se sont ainsi appréciés respectivement de 4% et 9%, les stocks des principaux pays exportateurs se maintenant à un «bas niveau». Selon le rapport, le prix du blé s’est notamment envolé sur cette période de 60% en Argentine, de 30% en Ethiopie et de 27% au Brésil.

La hausse des prix est liée, entre autres, au fait que plusieurs pays émergents (Inde, Turquie, Brésil...) ont vu la valeur de leur monnaie chuter par rapport au dollar sur fond de craintes d’un changement de cap de la politique monétaire américaine.
Sur le moyen terme, la Banque mondiale fait part de ses «inquiétudes croissantes» sur une dégradation des conditions climatiques en Amérique du Sud, dans les pays de la mer Noire et en Inde et sur ses conséquences sur les récoltes. «Les marchés du blé restent tendus et le mauvais temps en Argentine, au Brésil, en Fédération de Russie, au Paraguay et en Ukraine pourrait encore tirer les prix vers le haut au cours des prochains mois », a écrit la BM dans son rapport. «Nous devons rester attentifs car si nos craintes devaient se confirmer, ces progrès (en termes de prix) pourraient être rapidement gommés», a précisé la vice-présidente par intérim de la Banque mondiale.

Categorie(s): economie

Auteur(s): Hocine Lamriben

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