Béjaïa : La cuisine traditionnelle à l’honneur

Elwatan; le Lundi 24 Mai 2010
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A une époque où les gens se ruent volontiers sur les fast-foods pour ingurgiter nombre de pizzas, chawarmas et autres improbables sandwiches dégoulinant de harissa et de mayonnaise, il est bon de se rappeler que l’Algérie possède un patrimoine culinaire recelant une grande variété de plats typiques et originaux.
Cette richesse est d’autant plus grande que chaque région possède ses propres spécialités variant selon les terroirs, les recettes et les traditions.
A cet effet, dans le cadre du Mois du patrimoine, l’association Jean et Taos Amrouche d’Ighil Ali a pris l’heureuse initiative d’organiser, à la Maison de la culture de Béjaïa, une sympathique et très conviviale exposition d’art culinaire traditionnel de la région des Ath Abbès. L’occasion pour de nombreux visiteurs de découvrir ou de redécouvrir des saveurs et des senteurs surgies d’un passé, où l’image de nos grands-mères se mêle aux produits nés du travail de la terre. Ces mets, souvent issus d’un savoir-faire ancestral, ont aujourd’hui tendance à déserter les tables de cuisine où l’on ne retrouve plus que frites, purée, spaghettis et autres plats imposés par une mondialisation galopante.

Tout le mérite des cuisinières d’Ighil Ali est de nous faire prendre conscience de ses richesses culinaires, qui ne demandent qu’à être réhabilitées. Les différentes galettes d’orge ou de blé, ces couscous savoureux et parfumés ; ces beignets savamment préparés ; ce hmis, mélange harmonieusement de la tomate et du poivron avec de l’huile d’olive ; ces pâtes faites maison ainsi que d’autres préparations traditionnelles comme tizemmith, ce mélange de farine d’orge, de caroube et d’huile d’olive que l’on accompagne de figues sèches.

A côté, on retrouve, bien évidemment, tous ces ingrédients rustiques qui ont l’art de réveiller les papilles gustatives comme les poivrons et les tomates séchés, la viande boucanée (achedhlouh), les condiments et les aromates qui sont souvent la botte secrète des cordons bleus de naguère. Il faudrait probablement beaucoup plus que cette méritoire exposition pour que la cuisine du terroir retrouve un jour la place qui a toujours été la sienne dans nos plats et dans nos cœurs. A défaut, ces plats, qui définissent si bien notre identité, finiront par tomber dans l’oubli.

Categorie(s): epoque

Auteur(s): Djamel Alilat

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