Biens entrant dans la consommation de la grande masse de la population : Quid des exportations agricoles ?

Elwatan; le Lundi 20 Fevrier 2012
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Et pour cause, rien n’empêche d’importer des produits où la production nationale accuse un déficit et d’en exporter d’autres qui peuvent être produits en quantités suffisantes. Les exportations pourraient même servir à compenser les importations, à condition toutefois que la démarche soit «planifiée et organisée», estime Ali Bey Nasri, consultant spécialiste en commerce extérieur.
Selon lui, exporter des produits agricoles quand on a du mal à s’autosuffire en produits de base est possible pour peu qu’on ait une stratégie qui ne consisterait pas à exporter les excédents de production, mais de produire spécialement pour l’exportation. «Nous avons 45 millions d’hectares, dont 8 millions de surfaces agricoles utiles. Ne peut-on pas envisager de réserver à des investisseurs étrangers en partenariat avec des Algériens 1 million d’hectares pour une production agricole destinée exclusivement à l’exportation vers des marchés spécifiques», s’interroge-t-il.

Le Maroc qui exporte pour 2 milliards de dollars «a fait appel à des investisseurs étrangers qu’il a intéressés à investir dans l’agriculture spécialement pour l’export». La notion qui consiste à dire qu’il faut exporter l’excédent n’a, selon M. Nasri, «aucun sens». Si l’Algérie accuse une faiblesse en matière de productivité agricole, notamment pour les produits de base, c’est d’abord parce qu’on «a une faible expertise technique». Toutefois, ajoute-t-il «s’il y a un secteur qui peut exporter, c’est l’agriculture parce qu’on a la possibilité de faire de la primeur, mais aussi de travailler hors saison. Il faut simplement identifier les terres qui peuvent accueillir ce genre d’investissements et les consacrer à l’exportation».

Pour le moment, explique l’expert, «le marché de l’exportation répond à une organisation et une planification spécifique que l’Algérie n’est pas en mesure d’offrir. Les marchés de fruits et légumes notamment, ont besoin d’une régularité aussi bien en matière d’approvisionnement que de qualité». C’est d’ailleurs pour cela que les exportations agricoles de l’Algérie atteignent bon an, mal an 40 à 50 millions de dollars et restent principalement constituées de dattes.                    

Categorie(s): economie

Auteur(s): Safia Berkouk

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