Brèves… Et autres nouvelles

Elwatan; le Samedi 18 Fevrier 2012
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Poésie. Africa earth

Trois Algériens, le poète Kenzy Dib, l’écrivain Abderrahmane Zakad, ainsi que Ali El Hadj Tahar, critique d’art, ont été retenus pour figurer dans «Terres d’Afrique, anthologie de la poésie contemporaine», dirigée par Gabriel Okoudji, Grand Prix littéraire de l’Afrique noire en 2010. Leurs œuvres se retrouvent ainsi parmi celles d’une quarantaine de poètes issus, entre autres, du Japon, du Canada, de la Réunion, des Etats-Unis, d’Europe, de Chypre, des Antilles, du Maghreb (dont le grand poète tunisien Tahar Bekri) et d’Afrique subsaharienne. Gabriel Okoudji, promoteur de cet ouvrage, paru aux éditions Ndzé (Cameroun), avait lancé un appel il y a quelques années à «ses compagnons en poésie de tous les pays».



Architecture. Histoire d’arcs

L’architecture musulmane a produit des œuvres d’une beauté universellement reconnue mais on néglige souvent son influence ou ses apports à l’architecture européenne. Elle est avérée ainsi pour l’arc à ogive que les architectes musulmans avaient perfectionné à partir de l’héritage babylonien, perse et byzantin. Cet élément architectural, porté à un haut degré de raffinement et de technicité, est passé ainsi de l’Irak et de l’Egypte vers l’Andalousie et la Sicile où les Normands l’ont «exporté» vers leurs cousins d’Ile-de-France et, de là, vers l’Angleterre. Une autre piste irait de la Sicile vers l’Italie, et notamment Monté Cassino et Pise, avant de se diffuser vers le Sud de la France et influencer l’art roman puis, plus encore, le gothique. Il est remarquable que les ecclésiastiques, pourtant opposés à l’Islam, aient le plus emprunté à l’architecture musulmane. Les églises gothiques ont puisé dans celle-ci, non seulement pour les arcs à ogives mais aussi pour les alignements de fenêtres, les rosaces, les créneaux ajourés et même les clochers empruntant aux formes des minarets. Et, bien plus tard, Le Corbusier, père de l’architecture moderne, s’inspirera de Ghardaïa et de la Casbah.

 

Oscars 2012. The best movie is…

Comme chaque année, la compétition pour l’Oscar du Meilleur film galvanise les passions par son enjeu de prestige et de recettes. En lice : The Artist de Michel Hazanavicius, The Descendants d’Alexander Payne ; La Couleur des sentiments de Tate Taylor ; Le stratège de Bennett Miller ; Cheval de guerre de Steven Spielberg ; The Tree of life de Terrence Malick, Minuit à Paris de Woody Allen, Extrêmement fort et incroyablement près de Stephen Daldry (photo) et Hugo Cabret de Martin Scorcese. Les bookmakers de Los Angeles reçoivent les paris les plus divers. Mais c’est bien dans la tradition de cette compétition. Amusons-nous à «parier» sur le film de Stephen Daldry au sujet très consensuel et «touchant» et avec Tom Hanks et Sandra Bullock à l’affiche. Résultats le 26 février.



Spectacle. Beautiful Djazaïr

Le chorégraphe algérien Hamid Ben Mahi, qui avait mis en scène Géographie du danger, le roman de Hamid Skif, fait parler à nouveau de lui avec un spectacle créé avec Yan Gilg et présenté comme duo entre danse et théâtre. Intitulé Beautiful Djazaïr, il s’agit aussi d’un duo entre un Algérien et un Français sur une histoire conflictuelle et sanglante. Le document de présentation du spectacle précise : «Près de 50 ans après la fin de la colonisation française en Algérie, près de 50 ans après une guerre meurtrière et fratricide, que reste-t-il de cette histoire dans nos mémoires collectives ? Quelles conséquences sur les générations post-coloniales sur notre société ?» C’est un argument qui ressemble, point pour point, à celui de nombreux spectacles qui se montent ou se montrent en France à la faveur du Cinquantenaire de l’indépendance nationale. En attendant de voir et de commenter ce spectacle, notons que le début de sa tournée en France connaît un engouement des publics.  

 


Andalou. L’agenda Beihdja

La chanteuse et musicienne Beihdja Rahal donnera le 26 février, à 18h30, dans sa salle fétiche, El Mougar (Alger), un concert de musique andalouse pour la sortie de son nouvel album édité chez Belda Diffusion. Très attachée aux concerts, produisant régulièrement des albums (une vingtaine environ), la cantatrice pratique son art de manière professionnelle, partageant sa carrière avec l’enseignement musical. Ce concert sera donné aussi à Constantine le 28, avant une tournée dans plusieurs villes en mars.

 

Culture net.  Founoune fait peau neuve

Le site Founoune, forum des arts et des médias, est en train de changer de formule. Après trois ans de mise en ligne, il devenait nécessaire de se renouveler et de tirer tous les enseignements d’une expérience positive mais nécessairement perfectible. La nouvelle version permettra aux artistes, amateurs d’art et associations d’ouvrir un compte sur le site et d’insérer textes et images de manière illimitée. De nouvelles rubriques sont annoncées comme les petites annonces, un espace junior réservé aux artistes en herbe, un autre aux musées, un autre aux associations, etc. Les passionnés d’écriture pourront publier leurs poèmes et autres tapuscrits. Une radio musicale accompagnera cette transformation du site qui élargit son champ d’action par rapport à la première version, centrée sur les arts plastiques. Voir www.founoune.com

 

 

Salle Ibn Khaldoun. Près de dix ans de fermeture !

Fermée depuis le séisme de 2003, en chantier depuis plusieurs années, la salle Ibn Khaldoun, en plein centre d’Alger, est un des fleurons de l’infrastructure culturelle de la capitale. C’est aussi un lieu mythique qui avait accueilli, en 1962 et 1963, les premières manifestations culturelles de l’indépendance, demeurant par la suite un lieu incontournable de spectacles et de conférences publiques. On se souvient, entre autres, des concerts de Hadj Guerrouabi et de Cesaria Evora. Attendue par les citoyens comme les artistes, aucune information n’a été communiquée sur sa réouverture.

 

 

Exposition. Un grand au Mama

Le Mama d’Alger prépare pour mars une grande exposition de l’artiste algérien Mahjoub Ben Bella. Un événement, car ce peintre, reconnu mondialement, n’a jamais exposé en Algérie, à l’exception d’une immense peinture lors de l’exposition de la collection de l’IMA dans le cadre d’Alger 2007, capitale de la culture arabe. En 2010, le peintre, qui vit à Tourcoing, est entré dans le catalogue du Metropolitain Museum de New York, temple mondial de l’art contemporain. Né en 1946 à Maghnia, il a étudié aux Beaux-arts d’Oran jusqu’en 1965 puis, entre autres, aux Arts Déco et aux Beaux-arts de Paris. Parmi ses créations : 12 km de peinture sur le parcours cycliste Paris-Roubaix (1986), une station de métro à Tourcoing (2000). Ses œuvres sont présentes dans des collections prestigieuses du monde. Attention, c’est un grand qui arrive !

 

 

Ahmed Zir. Encore lui !

Suite à la parution du portrait d’Ahmed Zir, doyen des cinéastes amateurs, dans notre édition du 8 février, plusieurs lecteurs nous ont demandé ses coordonnées. Il nous a autorisés à publier son email (zirahmed@yahoo.fr) et en a profité pour préciser que le critique de cinéma et animateur du site Cinémémoire est Claude Bossion et non Boission. De même, il nous a priés de citer Bob et Tony de Boston, ainsi que Carlos Castillo, Diégo Risques et Juan Loyola du Venezuela,  et tant d'autres dans le monde «défenseurs
du super 8».

 

 

Casablanca : l’Algérie au Salon du Livre

Demain s’achève la 18e édition du Salon international de l’édition et du livre de Casablanca organisée sous le thème : «Temps pour lire, temps pour vivre». Plus de 40 pays étaient représentés par 760 exposants. Une centaine d’animations, essentiellement des conférences-débats, ont eu lieu, notamment sur des thèmes d’actualité comme «Le culturel dans les mutations politiques et sociales dans le monde arabe» et «Le Printemps arabe vu de l’extérieur». Le SIEL de Casablanca est le plus grand événement du genre au Maroc, et il s’attache à présenter tous les acteurs de la chaîne du livre, y compris techniques. Un choix qui réduit sa portée littéraire mais permet d’élargir sa fréquentation. Comme l’année dernière, le stand algérien a connu un grand succès. Trente-sept maisons d’édition y sont présentes (5 de plus qu’en 2011) avec 300 nouveaux titres de toute la gamme éditoriale : romans, nouvelles, essais, beaux livres, livres pour enfants… On y compte trois éditeurs publics, l’Enag, l’Anep, l’OPU et le CRASC d’Oran, ainsi que des éditeurs privés comme Casbah, Chihab, Barzakh, Apic et Dar El Oumma.
 

Categorie(s): arts et lettres

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