Chakib Khelil, président de l’OPEP : «Le prix actuel du pétrole n'est pas très élevé»

Elwatan; le Lundi 7 Janvier 2008
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Le niveau de 100 dollars le baril, qui a été atteint pour la première fois mercredi sur le marché de New York, doit être vu en fonction du prix réel, c'est-à-dire en y retranchant l'inflation».
C'est ce qu'a indiqué le ministre de l'Energie et des Mines, Chakib Khelil, hier dans un entretien accordé à l'AFP. De ce point de vue, le prix du pétrole n'a pas encore retrouvé ses niveaux records de 1980, évalué «entre 102 et 110 dollars selon les estimations», a souligné M. Khelil. Si 100 dollars est en soi un prix «élevé», admet-il, quand on tient compte du fait que «toute l'équation de la demande par rapport à l'offre a basculé, 100 dollars, ce n'est pas nécessairement un prix très élevé», a-t-il fait valoir. Le ministre, qui a pris au 1er janvier la présidence tournante de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), estime à cet effet qu'«un baril de brut à 100 dollars n'est pas nécessairement très élevé, vu la forte demande pétrolière et les coûts de production d'or noir en hausse». Pour lui, il reste «peu de régions à explorer pour découvrir du pétrole, et les sources nouvelles d'hydrocarbures comme les sables bitumineux au Canada ou les gisements en eaux profondes représentent des investissements énormes», d'autant plus que le coût des services pétroliers augmente. Selon Chakib Khelil, la demande pétrolière dans le monde «est aujourd'hui très élevée, tirée par la Chine et l'Inde mais aussi les pays du Moyen-Orient, dont la consommation augmente énormément». «Les prix du pétrole, selon le ministre, devraient se stabiliser plus bas» que 100 dollars au deuxième trimestre de l'année, tandis que les stocks devraient «se renflouer». Interrogé sur l'opportunité d'une hausse de l'offre pétrolière de l'Opep lors de sa réunion du 1er février, M. Khelil a indiqué que l'Organisation «allait étudier l'approvisionnement du marché» et la question de savoir «si la baisse des stocks récente est conjoncturelle ou non, ainsi que les perspectives au deuxième et troisième trimestres». Il a ajouté que l'Opep avait «déjà fait des gestes dans le passé», comme lorsqu'elle a augmenté sa production de 500 000 barils par jour en septembre, mais que «cela n'a servi à rien» puisque les prix «ne sont pas vraiment tombés, ils ont augmenté».
Selon lui, la relation prix-production ou prix-stocks «n'est peut-être pas aussi forte que nous le pensons, elle est peut-être plus liée à la situation géopolitique et à la spéculation», a-t-il conclu.

Categorie(s): economie

Auteur(s): L. M.

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