Changement de ton de la campagne électorale française : Le duel se précise entre le «populiste» Sarkozy et le «rassembleur» Hollande

Elwatan; le Samedi 18 Fevrier 2012
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Paris.
De notre correspondante

Depuis mercredi soir, ce sont valeurs populistes de droite contre valeurs de rassemblement républicain. Avec trois semaines d’avance sur le calendrier escompté par ses stratèges, le président sortant a annoncé, mercredi soir sur TF1, sa candidature. Cette  annonce, qui ne constitue une surprise pour personne, intervient à un moment où son principal adversaire, le socialiste François Hollande, continue, avec constance, à être largement favori dans les sondages. Le duel Hollande-Sarkozy se précise dans les enquêtes d’opinion. Le candidat socialiste et le président sortant creusent l’écart avec leurs poursuivants directs, Marine Le Pen et François Bayrou.

Ce qui amoindrit la possibilité pour Marine Le Pen de devancer Nicolas Sarkozy au premier tour de la présidentielle. Selon un sondage Ifop-Fiducial, pour Paris Match, rendu public mardi, Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy recueillent respectivement 17,5% et 25,5% d’intentions de vote au 1er tour, tandis que François Hollande en obtient 30%. Selon le même sondage, elle devance de 6 points François Bayrou et de 10 points Jean-Luc Mélenchon, qui recueillent respectivement 11,5% et 7,5% d’intentions de vote. La stabilité de Marine Le Pen à un niveau très élevé dans les enquêtes d’opinion continue en tout cas de faire peser une menace incontestable sur la majorité présidentielle. Pour les socialistes, l’annonce de la candidature du président sortant clarifie les choses. «Avoir un adversaire déclaré, qui assume enfin le fait d’être candidat, ça permet d’entrer de plain-pied dans le projet contre projet», affirme Bernard Cazeneuve, le porte-parole du candidat socialiste. 


Les attaques commencent


Nicolas Sarkozy sera «jugé sur son bilan, sans doute aussi sur son projet». Un bilan que le président sortant veut «esquiver», selon François Hollande, car celui-ci n’est «pas flatteur». «S’il était sûr de son fait, d’abord il ne se précipiterait pas à être candidat dès à présent, poursuit Hollande. Deuxièmement, s’il était sûr de son fait, il défendrait son bilan, il se montrerait confiant dans sa réélection. Je ne crois pas que ce soit le cas.» Pierre Moscovici, directeur de campagne de François Hollande, estime, quant à lui, que «la campagne de M. Sarkozy ressemblera vraiment à celle de Bush en 2004, une coalition de toutes les droites, sur les thèmes les plus identifiants, avec les méthodes les plus violentes». «Comme il n’ a pas un bilan présentable, il ne lui reste plus que le fracas, la brutalité, la peur. Il va être obligé de lâcher ses coups.» Moscovici ne croyait pas si bien dire, le président Sarkozy a commencé son offensive dès son premier meeting, jeudi à Annecy, en accusant François Hollande de «mentir».

Nicolas Sarkozy s’érige comme le «candidat de la vérité» contre le «candidat du rêve». «Parce que la France ne peut pas rester à l’écart de la course du monde» et que «le rêve se termine toujours en cauchemar», a-t-il affirmé lors de l’annonce de sa candidature, lui dont le slogan est «La France forte». Et de vouloir se présenter comme le candidat du «peuple» et du «changement» face à François Hollande, qu’il présente comme le candidat du «système» et du «conservatisme». En convaincra-t-il les Français ? François Hollande, dont le slogan est «Le changement, c’est maintenant», se présente, pour sa part, en «rassembleur», d’une France de «la solidarité» et des «valeurs universelles», par opposition à celles du président sortant, qui selon lui, «clive» et «divise».

L’UMP promet une campagne intensive. Au menu, l’immigration, la laïcité et le rapport entre travail et assistanat. Après un premier meeting à Annecy, jeudi, Nicolas Sarkozy tiendra un second meeting, ce dimanche, à Marseille, avant celui qui se déroulera à Villepinte en mars (Seine-Saint-Denis).
Les  socialistes ne seront pas en reste, il y aura la parution, le 23 février, du  livre de François Hollande, qui traitera de «la République» et de «la nation».

Le même soir, il tiendra un meeting au Mans. Puis, il sera  sur TF1, le 27 février, dans l’émission «Paroles de candidat». Le président qui veut se succéder à lui-même joue le tout pour le tout, et à ce jeu il risque gros. Pourra-t-il faire basculer l’opinion française en sa faveur ?  Pari difficile. 

Categorie(s): international

Auteur(s): Nadjia Bouzeghrane

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