Chebli : La fièvre du gaz !

Elwatan; le Dimanche 19 Fevrier 2012
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En effet, des troncs d’arbres et des pneus brûlaient encore après la prière du Maghreb.
Durant toute la journée, la route a été coupée à la circulation. Le choix de l’endroit précis du barrage, à la hauteur de la Sitem, cette usine de textile qui était la fierté de la région, qui nourrissait la moitié de la population de la commune et des villages environnants et qui fut incendiée par les terroristes, est «stratégique», puisqu’il gêne l’accès à trois bourgades : Hay El Qaraoui, une cité construite pour parquer les Algériens, en 1955, dans le cadre du sinistre «plan de Constantine» et qui continue de patauger dans la misère, Ben Charif, qui fut un haut lieu de la résistance et qui, marginalisé, perdit tous ses lauriers et Massouma, un douar dont l’accès — de tous les côtés —, par ces temps de grandes boues, est impossible.

Les raisons de la colère sont multiples : des routes qu’on décide de «refaire» en pleine saison hivernale et qui se transforment en chantiers abandonnés à cause des pluies (entre Bouinan et la cité rurale — sur environ 3 kilomètres — celle de Massouma vers Boufarik est dans un piteux état depuis des mois), la route Birtouta-Bouinan qui traverse Chebli de part en part, est, au niveau du centre-ville, impraticable. Mais, ce qui a provoqué ce soulèvement ce jour-là, ce fut la bombonne de gaz butane introuvable par ces temps de grand froid. «J’ai entendu dire que quelqu’un l’a achetée à 2800 DA!», nous dit un citoyen. «Je n’ai même pas avec quoi préparer les repas, je ne pense même pas au chauffage, c’est un luxe auquel je n’ai pas encore accédé !», lança un homme à notre intention.

Certains faisaient les cent pas, d’autres semblaient attendre quelque chose ou quelqu’un. L’atmosphère était tendue. Chacun essayait de plaider la cause «commune». «Au parc de la commune, on a ramené des bouteilles de gaz butane, c’est vrai, mais ce n’est pas suffisant ! Ce sont toujours les mêmes qui ratent le camion, parce qu’ils habitent loin ! Ce n’est pas juste !», nous expliqua un jeune homme, qui affirma avoir fait la queue pendant des heures, en vain. «Autre chose, avec toute cette eau dehors, nos robinets sont à sec une bonne partie de la journée ! Qu’on ne nous coupe pas l’eau ! A ce qu’il paraît, la commune n’en manque pas, puisqu’un projet d’acheminement de cette substance vers une autre ville a été réalisé», nous explique un jeune étudiant. Le fin mot de l’histoire : à Chebli, ces derniers jours, il y a de l’eau dans le gaz.
 

Categorie(s): blida

Auteur(s): Mohamed Rahmani

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