Colloque à l'Université d'Alger : Littérature d'indépendance et globalisation

Elwatan; le Dimanche 15 Mars 2009
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Les débats sur la globalisation n'ont pas inclus jusque-là la problématique des productions littéraires des indépendances. Aussi, des écrits d'auteurs américains et africains ont été décortiqués par les intervenants.
Dans leur ensemble, les communications ont reposé sur le rôle de la fiction américaine et africaine dans un travail de mémoire véhiculant les luttes pour les libertés qui ont été présentées comme étant une stratégie de discours anticolonial.Osmane Ba, de l'université Fulbright USA et enseignant temporaire à l'université de Constantine, traitera de l'euphorie, de la désillusion et de l'indépendance dans la littérature post-coloniale. «De nombreux auteurs de l'Afrique du Nord, comme ceux de l'Afrique subsaharienne, ont écrit sur les indépendances et la désillusion qui a suivi que leurs prédécesseurs, comme Frantz Fanon d'Algérie ou encore James N'Gugi du Kenya, par exemple, n'ont pas pu prévoir dans leur fiction.» Selon ce spécialiste américain, cette littérature a émergé en conséquence de l’influence d'une fusion entre des auteurs africains et américains, comme Senghor du Sénégal et Césaire de la Martinique qui étaient leaders du mouvement de la négritude, né après la Première Guerre mondiale à Paris.

D'après ce conférencier, les thèmes dans cette littérature engagée sont quasiment similaires dans les différentes parties de l'Afrique ; liberté, rejet de l'oppression et de la domination occidentale, si bien que les approches sont différentes en raison des différences locales en Afrique. «C'est ce qui lie la lutte de l'ère post-indépendance au mouvement des droits civiques aux Etats-Unis (1955-1968, ndlr) qui luttait pour l'abolition des discriminations raciales.» Durant la deuxième journée des travaux, le Pr Bouteldja Riche, de l'université de Tizi Ouzou, a traité de la notion de captivité chez les auteurs américains au lendemain de l'indépendance des Etats-Unis, notant au passage la captivité d'un médecin américain pendant six ans et la férocité «des pirates» algériens qui s'attaquaient aux bateaux américains.

Le colloque, qui s'est terminé jeudi, a été conçu comme un forum de réflexion pour débattre de la littérature sous l'angle de la globalisation. Melle Nadjia Amrane, présidente du comité d'organisation dira pour sa part : «Jusqu'à récemment, on a oublié le concept d'indépendance et comment les nations devaient se déterminer face à la globalisation et cette conférence essaie d'approfondir cette question et arriver à des réponses. Nous avons posé, au cours de ces trois jours, la problématique de l'indépendance et le thème de la globalisation».

Categorie(s): dernière

Auteur(s): Saïd Gada

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