Comités de soutien à Bouteflika : «Renoncez à un 4e mandat»

Elwatan; le Jeudi 5 Decembre 2013
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Ce sont les lobbys de l’argent sale qui veulent le lui imposer pour préserver leurs intérêts qui ne sont que dans la prédation et non ailleurs» soutient Abdelghani Touhami. Disant vouer un grand respect au chef de l’Etat, celui qui parle au nom de ces comités de soutien veut qu’Abdelaziz Bouteflika «sorte par la grande porte». «C’est une nécessité historique et une exigence de l’étape que doit franchir le pays», argue notre interlocuteur, qui ne croit en aucun cas à la volonté du président de la République d’aller à un quatrième mandat. «Pour preuve, il n’a envoyé aucun signal dans ce sens et même ses plus proches conseillers, à savoir Ahmed Kada et El Hadja Fouzia, refusent d’embarquer dans l’aventure des lobbys de l’argent sale», ajoute notre source. Comment l’idée d’appeler Bouteflika à ne pas briguer encore une fois la magistrature suprême a-t-elle germé chez les comités de soutien ?

«C’est après l’attaque terroriste de Tiguentourine, à In Amenas, quand les comités avaient décidé de créer un front intérieur pour parer à toute menace, que la question de savoir si le président Abdelaziz Bouteflika est l’homme de la prochaine étape s’est imposée», explique Abdelghani Touhami. «Nous avons pensé alors lui adresser un courrier dont la teneur n’est autre que le passage à une autre étape : celle de la démocratie et des libertés», dit-il. «La lettre n’est bien évidemment pas arrivée à destination», regrette l’animateur général des comités de soutien et des campagnes électorales du chef de l’Etat.  Dans cette missive, il est demandé à Bouteflika «de ne pas se présenter pour un quatrième mandat et de protéger l’Algérie des instabilités qui la guettent». Les rédacteurs lui conseillent de ne pas se fier à certains de ses proches qui lui décrivent «une réalité autre que celle que connaît l’Algérie». Et cette réalité, soutiennent-ils, «exige de passer de la légitimité révolutionnaire à la légitimité populaire». Autrement dit, passer le flambeau à la génération de l’indépendance.

Selon notre interlocuteur, «ceux qui claironnent le quatrième mandat veulent forcer le Président à suivre leur logique». «Ils manœuvrent pour faire le vide, pour qu’aucun des Algériens capables de gérer la prochaine étape ne se présente à l’élection», indique Abelghani Touhami, qui refuse l’idée qu’avec la candidature de Bouteflika, les jeux sont faits. Pour lui, «c’est la propagande de lobbys qui tentent de mettre en place un désert politique, laisser le Président seul devant le fait accompli du quatrième mandat». Notre interlocuteur affirme que «le chef de l’Etat n’était même pas partant pour un troisième mandat et qu’on le lui avait imposé». La preuve est d’ailleurs le fait que «la révision de la Constitution n’est intervenue qu’à la fin du deuxième mandat». A propos des frictions au niveau des comités de soutien et des dernières déclarations de Abdellaoui, le coordinateur général, M. Touhami souligne qu’il n’en tient pas compte : «Si son adversaire lui reproche quoi que ce soit, il n’a qu’à aller devant les tribunaux.»

«Les comités de soutien au président Bouteflika obéissent à une organisation de type horizontal et personne ne peut dire c’est moi qui dirige, c’est l’aura de chacun chez la population et le mouvement associatif qui détermine le poids de chaque responsable», argumente-t-il, avant de déclarer qu’une autre lettre a été adressée aux moudjahidine et moudjahidate (dont Djamila Bouhired, Zohra Drif, le commandant Azzeddine) «en vue de plaider l’avènement d’une IIe République et faire barrage à ceux qui veulent forcer le Président à se présenter pour un quatrième mandat». «Abdelaziz Bouteflika doit aider l’Algérie à passer cette étape maintenant, pas après l’élection, parce que le processus historique, la situation de l’Algérie et la précipitation des événements dans le monde nous pressent.» Le président Bouteflika doit rester «dans l’histoire comme étant celui qui a mené l’Algérie à bon port». «On est sûr qu’il ne pense pas à un quatrième mandat», insiste notre interlocuteur, qui ne manque pas de tirer sur le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), Amar Saadani, qu’il qualifie d’«interface des lobbys de l’argent» qui ont déjà démontré leur capacité de nuire en janvier 2011 en étant derrière la casse qu’a vécu le pays.

L’animateur général accuse Saadani de «trahison en faisant des déclarations à Reuters et ensuite à TSA, des messages destinés certainement à l’étranger, dans lesquelles il invente une confrontation entre les institutions de la République, à savoir la Présidence et le Département du renseignement et de la sécurité (DRS). Ce qu’il a fait est très grave». «Ce sieur, ajoute Mohamed Touhami, avait été renvoyé par Abdelmalek Sellal, directeur de campagne du Président en 2009.» Abdelghani Touhami affirme que la plupart des comités de soutien adhèrent à sa démarche et regrettent la marginalisation des deux conseillers du Président, Ahmed Kada et El Hadja Fouzia, par M. Abdellaoui, coordinateur général des mêmes comités. 

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Said Rabia

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