Conservatoire communal de Skikda : La fin du «conservatisme»

Elwatan; le Mardi 8 Janvier 2008
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Bonne nouvelle pour les Skikdis : le conservatoire communal
va bientôt rouvrir ses portes.
Légué aux oubliettes voilà déjà plus de quatre années et après avoir été une cible privilégiée et à deux reprises, d'un conservatisme religieux de seconde zone, le conservatoire communal de Skikda devra rouvrir ses portes très prochainement. C'est en tout cas la promesse faite par le nouveau maire de Skikda lors d'une sympathique fête organisée par les élèves «rescapés» du conservatoire. L'institution qui a formé et bercé les rêves juvéniles d'une certaine Amal Wahbi et tant d'autres artistes représentait, il n'y à pas longtemps encore, un label culturel local.
Ouverte au début des années 1970, l'école communale de musique, de danse et de chant, que conduira d'abord cheikh Badar Boughanjioua, arrivera à enrichir la scène artistique locale et constituera une véritable pépinière. L'école vivra par la suite au diapason des tumultes populistes et politiciens des années de plomb et subira directement l'ire du parti dissout qui décida ipso facto de la fermer et de reconvertir les lieux en un centre de transit pour des familles sinistrées. Cette situation sera par la suite rectifiée par les élus du RND et le conservatoire tentera de renaître de ses cendres en puisant dans l'abnégation de ses propres dirigeants. Sans moyens et sans projection futuriste, les lieux, comme hantés par les fantômes du passé, vivront, au jour le jour, jusqu'à l'avènement d’El Islah. Ce parti, et sans donner l'impression de le vouloir, usera de non-dits pour décider de fermer l'école. Pour se mettre à l'abri de toute critique, il avancera : «Le conservatoire sera fermé pour une courte durée de trois seulement, le temps d'apporter quelques réparations.»
Les trois mois se transformeront en une éternité et, comme pour donner le coup de grâce, El Islah s'appuiera par la suite sur une recommandation du CTC qui classera l'école comme bâtiment menaçant ruine. On délocalisa le peu de matériel restant et le petit personnel au centre culturel Ahcene Chebli. C'était une façon de noyer le poisson et d'en finir avec toute tentative de revoir l'école active. Seuls l'amour de ses professeurs et le dévouement de M. Chaouche, directeur du centre culturel Ahcene Chebli qui épousera l'esprit du conservatoire en mettant tous les moyens dont il dispose au profit d'une trentaine d'élèves et de leurs professeurs, auront permis de pérenniser la culture artistique. D'ailleurs, la petite fête, que viennent d'animer les élèves dernièrement, a prouvé que malgré l'absence d'un lieu adéquat, le conservatoire continuait toujours de vivre dans l'esprit de ses élèves. Et c'est certainement cette ténacité qui a amené le maire à décider de rouvrir le dossier. Il a d'ailleurs été grandement appuyé par l'ensemble de son équipe et du vice-président de l'APW, M. Ayachi, musicien de son état qui a déclaré : «Nous sommes pour la réouverture du conservatoire et nous apporterons le soutien et l’aide nécessaire pour ce faire. C'est un lieu de culture qui fait partie intégrante de notre paysage artistique.» Voilà qui est dit et qui apporte un peu de baume au cœur d'une ville qui frisait l'asphyxie culturelle.

Categorie(s): epoque

Auteur(s): Khider Ouahab

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