Contrôle technique : La foule des retardataires

Elwatan; le Mercredi 2 Janvier 2008
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Entre janvier et novembre 2007, dans la wilaya de Sétif, plus de 122 000 véhicules, de tout acabit, ont subi le contrôle, devenu obligatoire. La wilaya compte 6 stations de contrôle technique automobile, deux à Sétif ville, deux à Aïn Oulmène, une à El Eulma et une autre à Tizi N’Béchar.
Seulement, lors de déplacements sur les différents axes routiers de la wilaya, l’on est étonné de voir circuler des véhicules particuliers de transport en commun, de celui de marchandises…sans feux de stop, ni de position, ni freins, roulant de biais à cause d’une direction défaillante, dégageant une fumée, s’apparentant à un incendie de forêt, qui tombent en panne à tout va, perturbant la circulation et encombrant la chaussée, à cause de leur vétusté et leur délabrement. Ces véhicules sont passés au contrôle technique, ont leurs P.-V, mais n’en continuent pas moins de mettre en péril le vie des usagers de la route. Le contrôle technique, qui se doit d’être rigoureux et en conformité avec la réglementation, est devenu, selon des professionnels, affaire d’épicerie et de concurrence. L’on ne peut que constater, malgré les dispositions légales du contrôle technique, un certain laxisme dans le secteur. L’établissement national algérien du contrôle technique automobile, (Enacta), dispose d’équipes de contrôleurs des stations, de même que les directions de wilaya des transports. Tous les moyens doivent être utilisés pour sensibiliser le citoyen à la nécessité du contrôle technique, comme des campagnes d’information permanente sur les dangers de la route et sur les droits du citoyen, usager de la route. Le délai imparti aux véhicules immatriculés avant le 31 décembre 2004 étant écoulé, les derniers jours ont vu un véritable raz-de-marée de véhicules débarquer dans les nombreuses stations de contrôle, insuffisantes à prendre en charge cette déferlante de dernière minute. Les chaînes étaient très longues et les horaires de travail ont dû changer ; les employés de la station COTA de la zone industrielle de Sétif (par exemple) entamaient leur journée à 5 h du matin, pour ne s’arrêter qu’aux environs de 20 h. Plus de 300 véhicules par jour passent sur les bandes de la station. Les employés éreintés, mais toujours au poste, nous disent : « Les automobilistes ont eu toute la latitude pour faire contrôler leurs véhicules, mais les gens préfèrent attendre la dernière minute pour cela. Le résultat est là, la pagaille règne à l’extérieur de la station, et les gens sont obligés d’attendre durant de longues heures. Notre équipe est là depuis 5 h du matin et l’on ne s’arrêtera qu’à 20 h. Nous faisons plus que le maximum». Aucune prolongation de délai n’a été accordée par le ministère des transports, mais le contrôle sur les routes sera-t-il effectif ? C’est maintenant aux services de sécurité, police de la route et gendarmerie nationale, de se lancer dans le contrôle des véhicules resquilleurs, et de participer à l’application rigoureuse de la réglementation, ce qui permettra peut-être d’assainir le parc automobile de Sétif.

Categorie(s): setif

Auteur(s): Nabil Lalmi

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