Côte de Kouali (Tipasa) : risque de haute pollution

Elwatan; le Mercredi 4 Decembre 2013
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Une simple virée sur les lieux rend compte d’une multitude de décharges sauvages éparpillées ça et là, à quelques mètres seulement du bord de mer. Le nettoyage des versants donnant sur ces plages, très convoitées en été, ne se fait, affirme-t-on, qu’une fois par an, c’est-à-dire en juin, coïncidant avec l’ouverture de la saison estivale. Le reste de l’année, les amoncellements des ordures jonchent les lieux, surtout dans les différents talwegs et seront évacués vers la mer lors des fortes pluies. Une route nationale qui longe ces côtes semble également, selon les témoignages des habitants, ramener son lot d’ordures, où des chauffeurs, dénués de tout sens d’hygiène, de dignité et de respect de la nature balancent de leur véhicule des sachets pleins ordures.

A l’approche de la plage de Kouali,  on peut lire sur une plaque : «Plage autorisée à la baignade par arrêté du wali de Tipasa n° 279 du 21 février 2010 portant liste des plages autorisées et interdites à la baignade durant la saison estivale 2010». Des pêcheurs amateurs vous diront que la pêche a nettement diminué ces dernières années et cela semble proportionnel à l’augmentation du nombre de personnes qui  se rendent sur ces plages. «Il ne faut pas croire que les gens sont là seulement durant la saison estivale, cela commence à s’apercevoir à longueur de l’année», insiste un quinquagénaire, arguant son constat du fait que cette côte était parmi les endroits les plus propres durant des années.  

Menace sur la biodiversité

Ce rivage est ainsi soumis en plusieurs endroits à un flux important qui dépasse la capacité d’accueil du site. La non-rationalisation des mouvements touristiques, l’accumulation de déchets et l’érosion ont provoqué une dégradation définitive des paysages marins. Selon le professeur Ben Amar de l’université de Blida, «la caractérisation des modifications physiques impactant négativement l’espace littoral nous permet la compréhension des phénomènes biologiques dans le milieu marin côtier. D’après une étude qui a été déjà réalisée en 2006, on note qu’il y a une forte érosion biodiversitaire dans l’anse de Kouali.»

Un autre fait saillant est l’accroissement de la dynamique de recul du trait de côte. Ce recul fournit la preuve tangible des nuisances que génère l’action de l’homme.  Plusieurs stations situées entre Cap Djinet et Tipasa suivaient la dynamique de la ligne de côte dans le cadre du programme d’aménagement côtier (PAC) faisant ressortir, selon le rapport du PAC de 2006, une moyenne de recul de l’ordre de 0,5 à 2 m en moyenne. Si cet Epinal de beauté souffre de la bêtise humaine, cependant rien ne sera perdu si nos responsables écoutent d’une oreille avisée les résultats de la science. A bon entendeur !
 

Categorie(s): tipaza

Auteur(s): Mohamed Abdelli

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