Croissance économique mondiale : Le FMI prévoit une «récession globale» en 2009

Elwatan; le Samedi 21 Mars 2009
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Depuis plusieurs mois, le Fonds monétaire international (FMI) multiplie les appels pour inciter les pays développés à prendre plus d'initiatives en vue de relancer l'économie.
«Remettre la croissance dans le bon sens dépendra hautement de plus d'actions politiques concertées pour stabiliser les conditions financières, mais également d'une forte politique de soutien pour relancer la demande», a estimé, jeudi dernier, le FMI, non sans émettre d'autres projections de plus en plus sombres. Selon le FMI, l'activité économique mondiale reculera cette année de «-0,5% à -1%», correspondant à la première récession globale depuis la Seconde Guerre mondiale. C'est ainsi que les pays industrialisés devraient connaître une «profonde récession», avec un repli de 3,0% à 3,5% de leur PIB. Aux Etats-Unis, cette contraction serait de 2,6% et de 5,8% au Japon. Ces deux pays courent «un risque élevé» de déflation, alors ce risque est «modéré» en zone euro, mais le PIB perdrait 3,2%, soulignent les prévisions du FMI. Les nations dites émergentes ne seront pas en reste de ce mouvement déclinant. Le FMI table sur 1,5% à 2,5% de croissance pour ces pays en 2009, en précisant qu'ils n'ont pas bataillé pour sortir la tête de l'eau face à cette récession. Même l'année 2010 ne s'annonce pas sous de bons auspices. Les projections du FMI restent prudentes. L'économie mondiale devra encore reprendre quelques couleurs timides avec «+3,5 à +4,5%» pour les pays émergents et des reprises de «0 à 0,5%» dans les pays matures. L'organisation de Dominique Strauss Kahn fond beaucoup d'espoir sur le sommet du G20, prévu le 2 avril prochain en Grande-Bretagne pour prendre des décisions hardies. D'ailleurs, l'organisation a rappelé, dans un document adressé au G20, que de «tout retard dans la mise en place de politiques de soutien en faveur de la stabilisation des conditions financières résulterait une intensification du cercle vicieux entre l'économie réelle et le système financier, aboutissant à une récession encore plus profonde et plus longue». Au-delà de cette pressante demande, le FMI déplore que le chapelet de mesures de relance décidées par les pays industrialisés n’ait pas atteint le cap qu'il réclamait de 2% du PIB global. S'agissant des pays émergents, le FMI a mis l'accent sur la faiblesse du système financier de ces mêmes pays, notamment ceux de d'Europe de l'Est. A cela, l'organisation de Kahn réclame des soutiens bilatéraux ou multilatéraux.

Le FMI à sec ?

Au four et au moulin ces derniers temps, le FMI, confronté au tarissement de ses ressources financières, est sur le chemin de la… récompense. Les pays européens semblent décidés à doubler leurs ressources lors du prochain G20, selon un document, cité par l'agence Reuters. Hier, l'Union européenne (UE) s'est dit prête à apporter 75 milliards d'euros, soit 101 milliards de dollars pour l'aider à faire face à la crise mondiale, a annoncé le Premier ministre tchèque, Mirek Topolanek. Plusieurs sources diplomatiques, citées par l'AFP, avaient affirmé que le montant était «d'au moins 75 milliards de dollars». M. Topolanek ainsi que d'autres dirigeants européens ont tenu à clarifier ce chiffre, en indiquant qu'il s'agissait de 75 milliards d'euros. L'aide européenne promise au FMI doit lui servir pour faire face à des «situations d'urgence», a déclaré le Premier ministre britannique, Gordon Brown, à l'issue du sommet. On se souvient que le Japon a déjà promis d'apporter 100 milliards de dollars. La question de renflouer les caisses du FMI, qui doit être au centre du sommet des pays du G20, pourrait rebondir, d'autant plus que les Etats-Unis ont suggéré de tripler ses ressources.

Categorie(s): economie

Auteur(s): Hocine Lamriben

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