De «Président des riches» au «Président du peuple»

Elwatan; le Samedi 18 Fevrier 2012
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Paris.
De notre correspondant

A droite toute ! Pour celui qui file les métaphores maritimes, il se voit capitaine en temps de grosse tempête, l’issue ne peut venir que des valeurs de son camp et il met donc le cap à droite, toute. Oyez, oyez, matelots de l’UMP, finie l’ouverture à gauche, la diversité, les valeurs humanistes du Centre, l’heure est au rassemblement de la droite et même de la chasse sur les terres de son extrême. Le président sortant, qui bat des records d’impopularité, a moins de deux mois pour inverser la tendance et rattraper François Hollande, donné largement favori dans les sondages. Nicolas Sarkozy s’est résigné à entrer dans l’arène plus tôt que prévu pour tenter de combler son retard. Depuis quelques mois, c’est le représentant du Parti socialiste qui imprime le tempo de la campagne électorale.

Au journal de 20h de la première chaîne, mercredi, le champion de la droite hésitait entre président et candidat, donnant le sentiment d’un léger flottement. Nicolas Sarkozy revient donc aux fondamentaux : immigration et sécurité. Pour se débarrasser du costume du Président, et surtout pour éviter d’endosser un bilan pour le moins catastrophique, il compte faire un remake de 2007. Aux Français anxieux de perdre leur emploi et de venir grossir les rangs des chômeurs, près de 10% de la population active, il promet de renvoyer encore plus d’immigrés illégaux et de durcir encore l’entrée en France. Et de promettre de régler la question par un référendum, référendum que le gouvernement a refusé d’appliquer à la TVA sociale. Comme en 2007, il cherche à opposer «le bons sens» populaire aux élites. Seulement, le remake risque de ne pas intéresser les Français cette fois-ci : qui a envie de regarder un mauvais film de cinq ans une nouvelle fois ? Le camp présidentiel joue sur la personnalité du concurrent socialiste, supposé être mou et indécis. Le pari de Nicolas Sarkozy est de faire oublier qu’il était (seul) aux commandes pendant cinq ans, voire dix ans avec le dernier quinquennat de Jacques Chirac, où il a occupé de nombreux postes ministériels.


Ce n’était pas moi à l’Elysée


Son défi est de parier sur  l’amnésie des Français sur sa période bling-bling, la soirée avec ses amis riches du CAC 40, son séjour sur le yacht d’un milliardaire, le bouclier fiscal privilégiant les plus riches et ses péripéties amoureuses médiatisées à outrance. Sa prestation télévisée n’a pas convaincu la presse française qui s’est montrée sceptique, à l’exception notable du Figaro, quotidien devenu une sorte de Pravda de droite, toujours en extase devant le président français.

La gauche a préféré ironiser sur cette annonce, minorant la capacité de Nicolas Sarkozy à remonter la pente. François Hollande parle de non-événement et répète qu’il y aura bientôt un référendum, laissant entendre que le scrutin sera : pour ou contre Sarkozy ? Ce que le président sortant veut éviter à tout prix. Il sait que son image est dégradée et qu’il ne jouit pas d’un capital sympathie important. Par contre, selon les sondages, la France est revenue à la bipolarisation. L’hypothèse de la présence de l’extrême-droite au second tour s’éloigne de jour en jour.

 

Categorie(s): international

Auteur(s): Rémi Yacine

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