Dérapage contrôlé ?

Elwatan; le Mercredi 2 Janvier 2013
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Puisque c’est encore la période des vœux, autant pour accompagner l’humanité dans ce qui reste encore et toujours, le plus ardent, celui d’un monde sans guerre. Mais oui, cela est vrai, pourquoi pas un monde sans guerre, cette notion étant considérée dans son sens le plus large ? Pas de vol, pas de domination sous quelque forme que ce soit, un monde juste où, comme convenu, la liberté de l’un s’arrête là où commence celle de l’autre, et que personne ne décide pour l’autre. Ah ce fameux droit international qui reste toujours l’expression d’un rapport de force. Bien entendu, le monde dispose des moyens de se préserver et de se prémunir des guerres, véritable fléau qui remonte aux temps les plus anciens. Il ne s’agit pas d’en situer les origines, mais d’envisager la fin, surtout si l’on considère qu’avec l’arme nucléaire, le monde s’est donné les moyens de s’autodétruire et mettre fin à toute forme de vie ou de civilisation.

C’est bien dommage de le considérer ainsi, mais le monde semble perdre de vue cette donnée, avec des guerres, sinon des conflits de toutes sortes qui épargnent tout juste les Etats les plus puissants de la planète. Rappelons-nous 1991, lorsque l’Europe fêtait très officiellement et même solennellement la fin de la guerre sur son territoire. Il fallait le faire, se prenant peut-être au mot avec le passage de la CSCE (Conférence pour la sécurité et la coopération en Europe) à l’OSCE. Berlin, enfin réunifiée, en était le théâtre. Tout un symbole, mais la symbolique n’a duré qu’un temps, puisque de nouvelles guerres éclataient dans les Balkans, une zone qui porte bien son nom, avec tout ce que l’humanité croyait ne plus avoir à revivre. On se rendait alors compte de quoi l’homme pouvait être capable. Et à chaque fois, le pire est disséqué, comme pour une dissertation, sauf que là il n’y a absolument rien à dire. La guerre n’est pas une fin en soi, c’est tout juste un moyen, l’ultime très certainement, car les dégâts sont parfois incommensurables et ramènent le pays qui en est touché très loin en arrière.

On le pense désormais pour un pays comme la Syrie, qui s’enfonce dans ses guerres, avec cette impression d’impuissance du monde. Mais est-ce réellement le cas si l’on considère que le monde craint le néant, ou tout simplement l’incertitude ? Personne n’en sort gagnant, même pas les pays qui se croient éloignés du champ de bataille. Depuis peu, il en est même qui osent des comparaisons en donnant au pire un nom et même une adresse. Aussi, dit-on craindre pour la Syrie qu’elle devienne comme la Somalie. Un pays qui a cessé d’exister. Et que dire des peuples dont les droits nationaux sont bafoués comme en Palestine et au Sahara occidental ? Toute l’injustice qui caractérise encore les rapports internationaux en est ainsi caractérisée. Il ne saurait être question d’accabler le monde, mais de dire que celui-ci n’en a pas fini avec ses guerres.

Categorie(s): edito

Auteur(s): Mohammed Larbi

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