Des représentants de MTN à Alger pour plaider la reprise d’OTA : «L'Etat algérien est contre la vente de Djezzy», selon El Hachemi Djaâboub

Elwatan; le Mercredi 26 Mai 2010
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Propice, le cadre s’y prête, on ne peut mieux, aux négociations et autres tractations secrètes autour de la cession de Djezzy, filiale algérienne d'Orascom Telecom.
La présence hier, à Alger, des représentants du groupe MTN, le géant sud-africain des télécommunications, n'est certainement pas due au seul fait du hasard. Repreneur en lice et déclaré d'Orascom Telecom Algérie (Djezzy), MTN a voyagé dans l'attaché-case de Jacob Zuma, le président sud-africain, en visite depuis deux jours en Algérie. Le holding sud-africain ne peut rêver meilleur avocat pour défendre sa cause auprès d'un gouvernement algérien «décidé» à faire valoir son droit de préemption dans tout acte de cession de Djezzy. Le gouvernement a eu à afficher son «opposition» au projet de transaction entre MTN et Orascom, en ce qui concerne la société OTA. «Le gouvernement s'oppose à tout transfert total ou partiel de propriété de cette entreprise d’Orascom vers MTN», a réagi, fin avril dernier, le ministère de la Poste et des Technologies de l'information et de la communication.

Cette question a-t-elle été abordée, hier, par les deux présidents algérien et sud-africain. «Je ne saurais vous le dire», répondait un membre du gouvernement à l'ouverture, hier, à l'hôtel Sheraton de Club des Pins, des travaux de la 5e session de la Haute Commission binationale de coopération entre l'Algérie et l'Afrique du Sud. A l'issue de la réunion de la Haute Commission, 26 accords, portant sur l'énergie, dont le nucléaire, la recherche scientifique, la défense, l'industrie, l'agriculture et la formation, seront signés, aujourd'hui. «Notre souhait est que le forum des hommes d'affaires de nos deux pays (…) concrétise l'engagement fort des deux gouvernements à accompagner et encourager toutes les initiatives destinées à exploiter les opportunités déjà identifiées et à ouvrir de nouvelles pistes de partenariat, aboutisse à des résultats substantiels», a indiqué Mourad Medelci qui présidait, avec son homologue sud-africaine des Relations internationales et de la Coopération, Maite Nkoana Mashabane, l'ouverture de cette 5e session. La coopération couvre déjà un «large éventail de secteurs, notamment le commerce, les nouvelles technologies, la défense, les arts et la culture, la communication et le sport», a indiqué Maite Nkoana. Le potentiel de coopération bilatérale est «énorme», selon elle, et l'avenir de la coopération «prometteur». Elle insiste sur le «renforcement de cette dernière à travers l'identification d'autres domaines de coopération».

Officiellement, le secteur des télécommunications n'est pas inclus dans les axes de coopération bilatérale et ne figure pas au programme. La participation des représentants de MTN au Forum des hommes d'affaires et aux travaux de la Haute Commission prouve néanmoins que le groupe sud-africain reste toujours en lice et ne «désespère» pas de pouvoir racheter OTA. «No comment», réplique la représentante de MTN. Des contacts ont-ils été établis avec le gouvernement algérien dans le sillage de la visite de Zuma ? «No» catégorique. MTN est-il toujours intéressé par Djezzy ? «Je ne peux vous dire aujourd'hui», esquive-t-elle. Hier, en fin de journée, El Hachemi Djaâboub, ministre du Commerce, a réitéré l’opposition du gouvernement à la cession de Djezzy à un opérateur étranger. «J'ai fait savoir à la vice-ministre sud-africaine (du Commerce et de l'Industrie, Mme Maria Ntuli Banghi) que l'Etat algérien, qui tient toujours à son droit de préemption, est contre la vente de Djezzy à un opérateur étranger. Donc, la firme sud-africaine MTN n'est pas autorisée à engager des négociations avec OTH en vue d'une éventuelle reprise», a déclaré M. Djaâboub à l’agence APS.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): M. Aziri

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