Des spécialistes de Tlemcen, Chlef et Sidi Bel Abbès lancent un cri d’alarme : Les pesticides menacent la santé publique

Elwatan; le Jeudi 22 Octobre 2015
98810


Dans une étude sur l’évaluation des effets des pesticides sur la santé humaine et la culture de la pomme de terre, Amel Medjdoub, docteur en physiologie et biochimie de la nutrition à l’université Abou Bakr Belkaïd de Tlemcen, explique que les pesticides utilisés dans les champs de pommes de terre avaient un impact négatif sur la santé humaine et pouvaient causer des maladies à long terme.

Et de préciser davantage que «le régime alimentaire est une source importante d’exposition des consommateurs aux pesticides qui sont associés à l’apparition des troubles métaboliques, cancérigènes, neurotoxiques, problème de fertilité avec affaiblissement du système immunitaire».

A son tour, l’association pour la sauvegarde et la préservation de l’environnement de la wilaya de Tlemcen (ASPEWIT) lance un véritable cri d’alarme aux autorités.

Dans un communiqué signé de son président Morsli Bouayed, il s’agirait d’une menace (les pesticides) sérieuse pour la population et tous les êtres vivants. «A l’instar des autres wilayas, Tlemcen a célébré la Journée mondiale de l’alimentation et, à cette occasion, nous profitons pour soulever un risque qui menace la santé». M. Bouayed souligne: «C’est l’utilisation anarchique des pesticides.

Ces produits chimiques engendrent beaucoup de maladies et, d’après l’organisation mondiale de la santé, 80% des cancers sont causés par les pesticides». A priori, les agriculteurs de la wilaya de Tlemcen se gardent d’utiliser les pesticides dans leurs cultures. Mais, la population consomme-t-elle bio ? Là est toute la question.

Questionnés en aparté, des agriculteurs de la bande frontalière ouest estiment que «sans les pesticides, il n’y a pas d’agriculture, cependant, la question est de savoir comment les utiliser, avec quel dosage et dans quel but ?» Tous ont recours aux engrais, c’est l’essence même des cultures.

«Un aliment, c’est comme un être humain, il a besoin de vaccins, mais… pas de poison. Nous savons que des fellahs, pour doper leurs produits, utilisent des produits dangereux. Ils obtiennent des tailles énormes et récoltent précocement, mais le goût n’y est pas et les risques de contamination sont omniprésents». Un cancérologue, très inquiet de l’augmentation des cas de cancers enregistrés dans la wilaya de Tlemcen, particulièrement dans la commune de Maghnia, pense que les causes sont essentiellement liées à l’alimentation.

«J’en suis quasiment certain», dit-il. «Consommer bio», «Pour une alimentation saine» demeurent des slogans qui ne peuvent être un réel crédo que si les pouvoirs publics en font leur combat, à commencer par la formation, des inspections, de la répression.

 

Categorie(s): actu ouest

Auteur(s): Chahredine Berriah

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..