Dr Mounir Sari. Praticien spécialiste en chirurgie orthopédique : «Pour une prise en charge complète et parfaite du blessé»

Elwatan; le Mardi 17 Mars 2009
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Grâce à son savoir-faire et à ses qualités humaines, le Dr Mounir Sari a acquis une grande notoriété dans le domaine de la chirurgie orthopédique, notamment la chirurgie de la main. Plusieurs patients présentant une main atteinte de pathologie invalidante ont recouvré l’usage partiel de leur membre grâce à la chirurgie réparatrice.

- Ma première question porte sur une rumeur qui fait état de la fréquence des fractures à Ghazaouet. Confirmez-vous cette information ?

- Effectivement, j’ai entendu parler de cette rumeur. Cette information, qui court et qui veut que le nombre de fractures soit plus élevé ici qu’ailleurs, est absolument fausse, et la fréquence des traumatises enregistrée au niveau des urgences est similaire à celle des autres villes. Je dirai plutôt que c’est la nature des fractures qui diffère. Il est vrai que l’on constate plus de fractures chez les sujets âgés, à la suite d’un traumatisme banal, que des fractures chez les sujets plus jeunes, à la suite d’accidents sportifs ou de travail.
Les polytraumatisés graves, généralement par accidents de la circulation, sont beaucoup plus rares, la région n’étant pas située sur un axe routier principal.

- Quelles sont donc les différentes pathologies prises en charge au niveau de l’hôpital ?

- C’est avant tout et surtout la traumatologie qui concerne le traitement des fractures de natures diverses chez les malades réceptionnés directement au niveau des urgences médicochirurgicales de l’EPH. Le plus souvent en collaboration avec d’autres spécialistes, notamment chirurgiens, réanimateurs et radiologues, dont la présence est non seulement très rassurante pour moi mais surtout pour une prise en charge complète et parfaite du blessé. Les autres pathologies rencontrées en consultation (dites froides) sont très variées et brassent une large population de malades, pouvant aller de la simple douleur articulaire jusqu’aux grandes malformations congénitales et séquelles de traumatismes anciens, et que j’essaye de prendre en charge en fonction des moyens qui me sont alloués, car la chirurgie orthopédique et traumatologique nécessite constamment des moyens matériels : instruments multiples et variés, consommables d’ostéosynthèse, appareils d’exploration…, et sans lesquels toute prise en charge des malades serait illusoire.

- Nous avons appris aussi que vous réalisez très souvent des chirurgies de pointe, notamment en ce qui concerne la réparation nerveuse et vasculaire.Qu’en est-il réellement ?

- Effectivement, je me suis toujours intéressé à la chirurgie de la main et c’est ce qui m’a motivé de m’inscrire à un diplôme de microchirurgie et chirurgie du membre supérieur à l’université «Xavier-Bichart» de Paris. L’obtention de ce diplôme n’aurait pu être possible sans la louable initiative des professeurs Benbouzid du CHU de Ben Aknoun (Alger) et Christophe Oberlin (Hôpital Bichart de Paris) qui nous ont donné la possibilité de suivre ce cursus étalé sur deux ans en Algérie. Cette formation que j’ai eue et que j’ai confortée par un stage à l’hôpital Bichart de Paris me permet aujourd’hui de réaliser de nombreuses interventions qui nécessitaient auparavant des prises en charge à l’étranger, notamment en ce qui concerne la chirurgie des paralysies nerveuses et du membre supérieur.

- Plus de 400 interventions à votre actif depuis votre arrivée à l’hôpital de Ghazaouet, il y a presque trois ans. Comment pouvez-vous gérer cette charge de travail ?

- Il est vrai que, parfois, il est très difficile d’assumer une telle responsabilité.
Enfin, comme vous le dites, je suis le seul orthopédiste de la région et il me peine d’apprendre qu’un malade est évacué jusqu’au CHU de Tlemcen pour une simple luxation d’épaule.

- Vous êtes aussi responsable de la formation continue à l’EPH...

- A propos de la formation continue, je suis persuadé que c’est la seule manière d’entretenir ses connaissances et de parfaire son savoir-faire, j’en fais d’ailleurs mon cheval de bataille puisque j’ai accepté d’être responsable de la cellule de formation continue.
La médecine évolue et les méthodes thérapeutiques changent ou plutôt s’améliorent chaque jour. Il est donc utopique de penser que le diplôme acquis (du praticien généraliste ou spécialiste) permet à son détenteur d’exercer en toute quiétude pendant de nombreuses années. Il est indispensable d’être régulièrement informé et formé à toutes les nouvelles techniques et thérapeutiques, d’où tout l’intérêt des journées d’études et de formation et surtout des stages et congrès auxquels doivent participer les praticiens et les paramédicaux. Je voudrais, pour terminer, transmettre un grand remerciement à tout le personnel paramédical.

Categorie(s): tlemcen

Auteur(s): O. El. Bachir

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