Échec des négociations avec le Hamas : Israël cible la population de la bande de Ghaza

Elwatan; le Samedi 21 Mars 2009
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Après une réunion extraordinaire marathon de son cabinet, mardi après-midi, le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, est intervenu personnellement sur les écrans de la télévision israélienne, pour annoncer l'échec des pourparlers indirects avec le mouvement islamiste Hamas, à propos de la libération du soldat Gilad Shalit, détenu dans la bande de Ghaza depuis le mois de juin 2006.
Olmert accuse le Hamas d'avoir posé de nouvelles conditions inacceptables pour lui et pour son gouvernement. Depuis le début des négociations menées par l'intermédiaire de l'Egypte, le mouvement Hamas affirme ne pas avoir changé ses conditions. Il exige la libération de 1000 prisonniers sur les 11 000 détenus par Israël. 450 qui devraient sortir dès la libération de Shalit, purgeant, pour la plupart d'entre eux, de très lourdes peines et qu'Israël qualifie de terroristes dont les mains sont maculées de sang. En général, l'Etat hébreu refuse de discuter la libération de tels prisonniers, sauf dans des cas particuliers, comme celui de vouloir libérer des Israéliens capturés par des résistants. «Nous n'accepterons en aucune manière les conditions du Hamas. Nous avons été généreux dans nos propositions et nous ne libérerons pas de prisonniers autres que ceux que nous avons accepté de relâcher», a déclaré le Premier ministre Ehud Olmert. «Au nom de l'Etat d'Israël et de son gouvernement, je déclare qu'il y a des lignes rouges que nous ne franchirons pas (...) Nous ne céderons pas aux exigences d'une organisation terroriste», a-t-il ajouté. Des sources israéliennes affirment que l'état hébreu a accepté la libération de 320 des prisonniers que contient la liste présentée par le mouvement islamiste Hamas dont le total s'élève à 450. La décision finale de ne pas libérer l'ensemble des prisonniers nommés dans la liste a été prise par Ehoud Olmert lui-même, puisque le cabinet n'a pas voté. Ehud Olmert, Premier ministre sortant, le plus impopulaire à ce poste depuis la création de l'Etat hébreu, vient d'ajouter un autre échec à son palmarès après ceux de la guerre contre le Liban, en 2006, et la guerre contre la bande de Ghaza du 27 décembre au 18 janvier dernier. Le père du soldat Gilad, devenu aussi célèbre que son fils, ainsi que son épouse, ont écouté les propos d'Olmert dans une tente installée en face des bureaux de ce dernier où ils tiennent le décompte de la durée de détention de leur fils qui s'établit aujourd'hui a 998 jours. «Ehud Olmert a échoué dans sa mission de ramener mon fils, c'est un échec personnel pour lui», a déclaré le père du soldat israélien.

Avant la réunion du cabinet, il a envoyé une lettre à Olmert lui demandant «malgré le prix élevé à payer de ramener Gilad avant la fin de (son) mandat». «Essayez de sauver mon fils !», l'a-t-il imploré. Il faut signaler que dans un récent sondage, 69% des Israéliens étaient pour la libération de Shalit selon les conditions du mouvement Hamas. Le soldat Shalit, dont le sort intéresse l'ensemble de la communauté internationale dont des hauts responsables qui ne cessent de réclamer sa libération, telle l'ancienne direction américaine ainsi que la nouvelle conduite par Barack Obama, en passant par Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies en finissant par Nikolas Sarkozy le président français, a déjà coûté cher au peuple palestinien dont des centaines ont été tués et plus d'un millier blessés dans des agressions armées durant l'été 2006 en représailles directes à son «enlèvement», comme disent les Israéliens, sans aucune honte, alors qu'il a été capturé au cours d'une opération militaire et sur le champ de bataille, à la lisière de la bande de Ghaza. Israël ne s'est pas contenté de tuer et de blesser un grand nombre de citoyens, en majorité des civils, mais a démoli à l'époque l'infrastructure de base de l'enclave palestinienne. Tout a été ciblé, les routes, les ponts, la station électrique, les lignes téléphoniques et le réseau d'eau potable. Israël a voulu transformer la vie de près d'un million et demi de personnes en un véritable enfer. D'un autre côté, Israël a commencé son blocus en fermant soit totalement soit partiellement les points de passage commerciaux par lesquels sont acheminés tous les produits nécessaires à la vie. Depuis le mois de juin 2007, et le contrôle de la bande de Ghaza par la force par le mouvement Hamas qui a mis fin à la présence des institutions civiles et militaires de l'Autorité palestinienne présidée par Mahmoud Abbas, Israël a accentué ses mesures de punition collective contre la population sans que cela outrage la communauté internationale. Le paroxysme a été une guerre sanglante de 22 jours entamée le 27 décembre 2008, dans laquelle l'Etat hébreu a utilisé tous ses moyens destructeurs contre une population désarmée. 1450 personnes sont mortes, dont près de 1000 sont des civils, des femmes, des enfants et des personnes âgées et plus de 200 agents de police, alors que le reste sont des résistants. Plus de 5000 autres ont été blessés. 20 000 habitations ont été détruites, ce qui a créé une véritable crise humanitaire puisque des milliers de familles ont été forcées de vivre sous les tentes.
Cette situation risque de s'aggraver avec la décision israélienne de renforcer le blocus désormais lié à la libération de Shalit. «Il n'y aura pas davantage d'ouverture des passages vers Ghaza jusqu'à ce qu'ils libèrent Shalit», a affirmé, sous couvert de l'anonymat, un responsable israélien. Quant aux 11 000 prisonniers palestiniens dont les noms ne sont jamais évoqués, ils paraissent peser moins lourd que le soldat Gilad Shalit.

Categorie(s): international

Auteur(s): Fares Chahine

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