Edito : Dinars et matraque

Elwatan; le Vendredi 23 Octobre 2015
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Le président Bouteflika, son zélé ministre de la Communication, son chef d’état-major et son directeur de cabinet poursuivent leur campagne d’agression contre la liberté de conscience, d’expression et de la presse.

Discours menaçant et descentes de police, asphyxies financières et chantages, arrestations et harcèlements judiciaires, etc., les méthodes n’ont pas changé depuis des décennies, car le système ne peut comprendre que sa périphérie, la société, nous tous, puisse réfléchir et avoir un esprit critique, remettre en cause sa lumineuse politique publique ou commenter ses dérives.

Le système ne voit dans les élections qu’une mise en scène pour faire adouber ses propres choix, il ne voit dans l’université qu’une machine à diplômes sous contrôle, il ne voit dans les associations que des clients à acheter, il ne voit dans les médias que des relais reconnaissant et obéissant, répétant à souhait sa propagande. C’est avec cette vision que les chefs du moment, civils et militaires, avec leur administration liberticide et leur police politique répressive, se comporte avec la société et ses aspirations naturelles à vivre mieux et à exprimer ses opinions.

La situation s’aggrave depuis le 4e mandat du président Bouteflika, car il fallait coûte que coûte faire passer la pilule de cet acte anticonstitutionnel et suicidaire pour le pays.

Pire, la nervosité des clans du pouvoir, en guerre de positionnement pour l’après-Bouteflika a infecté les médias, sommés de ne pas trop s’intéresser au sort du pays en évoquant la crise du système induite par le 4e mandat. Certes, le régime a trouvé des alliés dans la sphère médiatique, à coups de chantage ou de faveurs plafonnées à plusieurs milliards de centimes, mais ces alliances restent fragiles tant qu’elles ne tiennent que sur un matelas de dinars et d’un potentiel de coups de matraque. Demain, qui tiendra la bourse et le bâton ?

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Adlène Meddi

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