El Bi’tha aux abonnés absents

Elwatan; le Samedi 5 Janvier 2008
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Les hadjis constantinois, cuvée 2007, sont revenus chez eux, avec des sentiments ambivalents, partagés entre l’indicible sensation d’avoir accompli une obligation religieuse majeure, puisqu’il est question de l’un des cinq piliers de l’Islam, le Hadj, et cette impression, voire ce goût d’inachevé causé par la défaillance criarde de la délégation (El Bi’tha). Les membres de celle-ci, devant être cooptés par leur ministère de tutelle, celui des affaires religieuses, en l’espèce, pour encadrer spirituellement et «pédagogiquement» nos ressortissants, ont fait montre, de l’avis général, d’une déficience ayant largement entamé le cap du condamnable. La sentence n’est nullement excessive, en ce sens que l’abandon de milliers de leurs concitoyens à leur sort en terre étrangère, fût-elle terre d’Islam, a créé un cafouillis et un syncrétisme inspirant des propos malveillants et des critiques acerbes des autres délégations, ainsi que des autorités saoudiennes. Ceci parce qu’il n’est nullement besoin d’être un diplômé d’El Azhar pour savoir que le Hadj est le pilier de la religion qui requiert le plus de connaissances sur ce qui est obligatoire et ce qui est superfétatoire ou superflu dans l’accomplissement des rites y afférents. Du Taouaf El Kodoum (circonvolution de l’arrivée) au Taouaf El Ouadaâ (celle de l’adieu), c’est toute une panoplie de préceptes qu’il faut connaître, voire maîtriser parfaitement, sous peine de voir son pèlerinage carrément raté. Quelques hadjis interrogés nous ont clairement informés qu’ils n’ont pas vu l’ombre d’un mourchid (guide) lors du Redjm (lapidation symbolique de Satan), ou pendant les moments sublimes au Mont Arafat qui résument à eux seuls le grand pèlerinage.
En désespoir de cause, nos hadjis se prennent à suivre les délégations portant pavillons étrangers pour ne pas risquer de s’égarer. « Nous n’avons reçu ni réconfort, ni même le simple fait de nous apprendre les Tahlil (incantations). Notre seule consolation a été la mission médicale qui a formidablement bien veillé au grain», nous confiera un hadj, fraîchement revenu chez lui, sur un ton empreint de dépit.

Categorie(s): constantine

Auteur(s): Ahmed Boudraâ

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