En amont du sommet élysée-Afrique : forum économique sur «un nouveau modèle de partenariat économique»

Elwatan; le Lundi 2 Decembre 2013
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De notre                                                                                                                                                                                  correspondante à Paris

De «Faire grand, neuf et positif»,  ce sont là les caractéristiques de ce forum économique, selon ses organisateurs, et auquel prendront part 560 entreprises à répartition égale entre les entreprises françaises et africaines (d’une trentaine de pays) représentant tous les secteurs d’activités. 65 ministres ont été invités, 20 ont confirmé leur présence.  La nouveauté résiderait dans l’intitulé même de la manifestation, soit la volonté de bâtir un nouveau partenariat économique, est-il signalé. Pour ce faire, les travaux du forum reposeront sur les propositions du rapport de la mission qui a été confiée par le ministre de l’Economie et des Finances, Pierre Moscovici à Hubert Védrine, ancien ministre socialiste des Affaires étrangères (associé HV Conseil), Hakim El Karoui (associé, Roland Berger Strategy Consultants), Jean-Michel Sévérinot (gérant de Investisseurs et Partenaires Conseil), Tidjane Thiam (CEO de Prudential Plc), Lionel Zinsou (CEO PAI Partners), et qui sera officiellement remis à l’occasion de cette journée.

Le rapport de la mission Védrine permettra de fixer un certain nombre de données chiffrées, d’appréciation du potentiel économique de l’Afrique et les atouts dont dispose la France sur ce nouveau partenariat. Celui-ci devrait être tourné vers les flux économiques, financiers, humains, culturels, intellectuels avec comme objectif la croissance de la France et de l’Afrique. Un message que les organisateurs du forum veulent faire passer. Soit que «la croissance de l’Afrique et de la France se nourrissent l’une de l’autre». 

Le forum sera articulé autour de tables rondes et de débats thématiques. Le premier débat concernera «l’offre africaine» avec une table ronde sur le financement de la croissance (infrastructures, secteur privé) et une autre table-ronde à la mobilisation du capital humain (formation professionnelle, ressources humaines). Un second débat portera sur la nouvelle dynamique de la «demande africaine» avec une table ronde sur les «nouveaux marchés» (nouvelles classes moyennes, nouvelles demandes) et une autre sur la question des ressources agricoles et de la sécurité alimentaire.

Dans l’après-midi, une table ronde plénière sera animée par Hubert Védrine et les membres de la mission qu’il a dirigée autour des conclusions et recommandations de leur rapport. Ces conclusions seront discutées par un panel de dirigeants d’entreprises africains. Autres tables rondes autour de panels sur les thèmes suivants : «Financer les infrastructures et le développement du secteur privé» ; «Mobiliser le capital humain» ; «De la demande locale au développement des capacités productives» ; «Croissance de la population et sécurité alimentaire : valoriser les ressources agricoles pour satisfaire la demande africaine, table ronde à laquelle participera Issad Rebrab, président de Cévital ; vers un nouveau partenariat économique entre l’Afrique et la France.  La conférence devra permettre aussi d’analyser «les nouveaux visages des partenariats entre acteurs privés africains et français» à partir de la présentation d’«histoires à succès», soit des expériences réussies, d’idées innovantes et de priorités pour le futur.

Un marché potentiel, des opportunités d’affaires et des concurrents

La mobilisation du capital humain liée aux flux économiques Afrique-France représente un enjeu central, est-il estimé. L’investissement dans les ressources humaines dans une logique d’adéquation formation-emploi et d’entrepreunariat est une condition pour assurer une croissance économique durable et offrir des perspectives à la jeunesse africaine. Au-delà des revenus tirés des ressources minières et agricoles du continent, la croissance africaine a été portée par le développement des classes moyennes. D’après les experts de la BAD, le nombre d’Africains figurant dans cette classe moyenne a doublé en passant de 150 millions en 1990 à plus de 300 millions en 2010.

Les principaux secteurs concernés par la demande de consommation de cette classe moyenne sont l’habillement, les services financiers, l’alimentation, internet et les télécommunications et le logement. La demande africaine offre des opportunités nouvelles aux industriels et producteurs de services.  Par ailleurs, le développement agricole de l’Afrique reste un chantier prioritaire. L’Afrique est le premier réservoir mondial de terres arables du monde, elle a le potentiel pour se nourrir elle-même, voire même d’exporter.

Parmi les 20 pays pour qui la part de l’agriculture dans le PIB est la plus importante, 17 sont africains. Parmi les goulets qui entravent l’essor de l’économie africaine figurent le poids du secteur informel dans le financement, le sous-dimensionnement des bourses, des réseaux bancaires et du capital-investissement, l’insuffisance des capacités d’évaluation-notation (rating) des risques privés, la rareté des garanties de crédit mobilisables par les PME, les limites de l’assurance du risque politique des investisseurs. Il y a aussi la faiblesse d’infrastructures. Le besoin d’investissement supplémentaire en matière d’infrastructures est évalué à 50 Mds de dollars par an par la BAD.

A noter que si la France est le premier investisseur, hors hydrocarbures, en Afrique, elle n’est pas seule à être présente avec
62 000 entreprises et micro-entreprises. La Chine est également très entreprenante sur le continent. «C’est une compétition, chacun selon ses moyens.» «La France a des moyens limités par rapport à la Chine, mais des atouts considérables. Ce n’est pas une question de terrain conquis», affirme-t-on du côté du Medef International. Les entreprises françaises doivent investir dans des secteurs où elles ne sont pas présentes comme la distribution et les industries de consommation. La clôture du forum sera faite par le président François Hollande et ses homologues de Tanzanie, du Sénégal et de Côte d’Ivoire.

 

Categorie(s): economie

Auteur(s): Nadjia Bouzeghrane

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