Eni-Saipem : Divorce à l’italienne

Elwatan; le Jeudi 29 Octobre 2015
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Des dettes qui s’accumulent (5,7 milliards d’euros), d’une part à cause de la crise qui frappe le secteur pétrolier et d’autre part suite aux scandales qui ont éclaboussé Saipem et lui ont valu une sérieuse perte de crédibilité, notamment suite  aux affaires qui la voient jugée pour corruption internationale, en Algérie, au Nigeria et récemment au Koweït. Depuis hier, ENI ne détient plus que 30% du patrimoine de Saipem (contre les 43% qui lui appartenaient jusque-là) après avoir cédé, dans une première étape, 12,5%  de ses actions au Fonds stratégique italien contrôlé par la Caisse des dépôts et des prêts (CDP).

Ce holding de participations, dont le ministère de l’Economie et des Finances détient 80%, intervient par des capitalisations assurées par des banques internationales pour venir en aide aux entreprises italiennes reconnues d’intérêt stratégique. L’opération, annoncée par des sources bien informées, permettra de refinancer les dettes de Saipem par un prêt pont de 4,7 milliards d’euros et d’augmenter son capital de 3,5 milliards.

Ce sauvetage a redonné confiance aux actionnaires et les titres des deux sociétés ont déjà connu une hausse importante sur les marchés boursiers, en passant de 5 à 7 euros pour Saipem et de 2 à 14 euros pour Eni. Les responsables d’Eni ne cachent pas leur soulagement pour être parvenus à se débarrasser d’une grande partie des dettes de l’ex-filiale, puisque ce plan financier drainera dans la caisse d’ENI un capital de 6,5 milliards d’euros.

L’administrateur délégué d’ENI, Claudio Descalzi, a ainsi commenté cette opération : «C’est une étape fondamentale pour la stratégie de transformation d’ENI.» Cet allégement de ses responsabilités envers la société Saipem en difficulté permettra au groupe de concentrer ses ressources financières sur les projets d’exploration de nouveaux gisements pétroliers en Egypte, au Gabon, au Mozambique, en Angola, au Pakistan, au Vietnam…

Pour sa part, l’administrateur délégué de Saipem, Stefano Cao, s’est félicité de cette opération de sauvetage de son entreprise et lui prédit un futur prospère : «Saipem pourra ainsi disposer d’une base financière solide sur laquelle elle pourra construire son propre futur. La nouvelle identité et le nouveau logo représentent une profonde transformation que nous sommes en train de réaliser.»

Categorie(s): economie

Auteur(s): Nacéra Benali

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